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<meta name="description" content="En Bretagne la population agricole bretonne sest considrablement rduite et les conditions de vie des familles dorigine rurale ont chang davantage en une gnration que durant les mille ou deux mille ans prcdents.">
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<title>La Paysannerie de Basse Bretagne - Dbut et fin d'une histoire</title>
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<u>
<p ALIGN="CENTER"><a name="HDP"><font face="Comic Sans MS" color="#FFFFFF"><span style="background-color: #FFFFFF">.</span></font></a></p>
</u><b><font SIZE="5">
<div align="center">
<center>
<!--mstheme--></font><table border="0" cellspacing="1" width="90%" height="10">
<tr>
<td width="12%" height="32"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><!--mstheme--></font></td>
<td width="12%" height="32"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><!--mstheme--></font></td>
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<td width="13%" align="center" height="32" style="border: 1 solid #006600"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="javascript:history.go(-1)"><font size="2" face="Comic Sans MS">Page
prcdente</font></a><!--mstheme--></font></td>
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du site</font></a></font><!--mstheme--></font></td>
</tr>
</table><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
</center>
</div>
<p ALIGN="CENTER"> </p>
</font></b>
<p ALIGN="CENTER"><font size="6" face="Comic Sans MS">LA PAYSANNERIE DE BASSE BRETAGNE</font></p>
<p ALIGN="CENTER"><font size="6" face="Comic Sans MS">DEBUT ET FIN DUNE HISTOIRE</font></p>
<b><font SIZE="5">
<p ALIGN="CENTER"> </p>
</font><i><font SIZE="4">
<p ALIGN="CENTER"><font face="Comic Sans MS">Dominique Paulet</font></p>
</font></i></b><i>
<p ALIGN="CENTER"><font face="Comic Sans MS">Kerulv, mars 2006</font></p>
</i><b><font SIZE="5">
<p ALIGN="CENTER"> </p>
</font></b><font SIZE="5">
<div align="center">
<center>
<!--mstheme--></font><table border="0" cellpadding="5" cellspacing="0" width="50%">
<tr>
<td width="50%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="#Introduction"><font face="Comic Sans MS">Introduction</font></a><!--mstheme--></font></td>
<td width="50%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="#Chronique religieuse"><font face="Comic Sans MS">Chronique religieuse</font></a><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="50%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="#Situation mi-XXme"><font face="Comic Sans MS">Situation mi-XX<sup>me</sup></font></a><!--mstheme--></font></td>
<td width="50%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="#Langue"><font face="Comic Sans MS">Langue</font></a><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="50%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="#Chronique historique"><font face="Comic Sans MS">Chronique historique</font></a><!--mstheme--></font></td>
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</tr>
<tr>
<td width="50%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="#conditions de vie"><font face="Comic Sans MS">Chronique conditions de vie</font></a><!--mstheme--></font></td>
<td width="50%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><a href="#Conclusion"><font face="Comic Sans MS">Conclusion</font></a><!--mstheme--></font></td>
</tr>
</table><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
</center>
</div>
</font>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<div align="center">
<center>
<!--mstheme--></font><table border="0" cellpadding="5" cellspacing="0" width="80%" style="text-indent: 20; font-family: Comic Sans MS">
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a name="Introduction"><font face="Comic Sans MS">Introduction</font></a></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Pass le milieu du XX<sup>me</sup> sicle, la
population agricole bretonne sest considrablement rduite et les
conditions de vie des familles dorigine rurale ont chang davantage
en une gnration que durant les mille ou deux mille ans prcdents.
Chang ce point quune mnagre de la fin du sicle, dans sa
cuisine garnie dappareils, obsde par la moindre atteinte une
propret tincelante, aura perdu la capacit pratique dimaginer sa
grand-mre accroupie sur un sol terreux, activant un feu de bois sous lunique
chaudron du logis.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Vu vers 1940, un dimanche aprs-midi : un
garon courant sur le chemin menant au bourg. O
vas-tu ? . Au presbytre ; mon pre ma
charg de demander au recteur si nous pouvions rentrer la moisson labri,
lorage menace ! . En ces temps la loi religieuse
demeurait encore forte et le clerg respect dans son rle de gardien
dun code de vie.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Rusticit et clricalisme, deux aspects disparus
sur lesquels nous reviendrons et examinerons les circonstances de leur
apparition.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les mmoires dauthentiques paysans bretons sont
des succs de librairie. Au point de se demander sil ne faut pas
avoir vcu au cur de la socit rurale pour tre autoris en
parler. Personnellement je ne suis pas n dans une ferme : la
branche la plus bretonne de ma famille remonte des paysans du pays de
Chateaulin ; ces Cosmao ont emprunt un ascenseur social ds la
fin du XVIII<sup>me</sup> sicle, puis la ligne a rejoint celle des
Frminville (dont le chevalier, promoteur de recherches sur
lantiquit钒 bretonne) et sest allie aux Villemarqu
du <i>Barzaz Breiz</i>. Plus prs de moi sont des industriels qui ont
particip au dveloppement conomique Concarneau ou Douarnenez.
Cette bourgeoisie affectionnait et connaissait bien la classe paysanne,
autrement mieux quaujourdhui elle nen sait sur les banlieues
dites sensibles. Et dune certaine manire ctait
rciproque : si le Dguignet<i> </i>des<i> Mmoires dun
Paysan Bas-Breton </i>critique Anatole Le Braz, cest quil
connaissait son monde. Une vision globale est possible. Libre chacun
de sintresser au tissu breton de la manire qui lui plat, mme
celui qui ny a pas dattache ancienne. Mais il nest pas
dsagrable de profiter dun observatoire enracin.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Lhistoire dun pays et de ses gens peut saborder
de diffrentes manires : examen des vnements, tude des
ressorts politiques, analyse sociologique, etc. Lunit de la
Bretagne sest constitue lentement et des diffrences culturelles
subsistent. On reconnat aujourdhui un fonds identitaire et un
dynamisme rgional malheureusement fragment par le dcoupage
administratif ; tant que les frontires de la province ne seront
pas reconstitues, sa capacit vitale restera handicape. Cependant
beaucoup dorganismes semploient, juste titre, construire la
personnalit bretonne sur lespace des cinq dpartements.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">On ne saurait rduire le caractre des Bretons
celui des paysans. Ce serait comme si lanalyse de la culture
parisienne se fondait uniquement sur ltude du proltariat de
Belleville. Et pourtant limmense cheveau de la socit disperse
dans nos campagnes semble traverser les sicles en nouant des valeurs
durables, et cette socit est moins sensible aux influences
extrieures que les classes dominantes. Les facettes de cette
population ont des reflets communs ; nous nous attacherons
davantage aux gens de Basse Bretagne dont le temprament est souvent
plus marqu.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les paysans occupent volontiers le littoral, la terre
est frquemment cultive jusquau bord de la falaise. Mais ils ne se
mlangent gure aux marins, sauf parfois pour fournir un complment
de main duvre saisonnire. Le milieu maritime est plus fluctuant
que le milieu rural : lactivit des ports se dveloppe ou
disparat au gr des conjonctures ; cest un autre monde, fort
captivant. La paysannerie est retenue, dans le modeste travail entrepris
ici, comme un meilleur marqueur de continuit historique.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Le voyageur parcourant les routes bretonnes apprcie
la varit dun paysage offrant tantt une image de campagne
rduite entre bosquets et vallons, comme prpare pour un artiste,
tantt un panorama tendu. Il stonne davoir rarement sous les
yeux un espace o ne se voit aucune maison. La dispersion de lhabitat
est une caractristique de la rgion. LInsee a tabli, il y a
quelques annes, une carte de France gradue en fonction du nombre dhabitations
isoles ou groupes en petit nombre, tales lcart des
agglomrations. La lecture de cette carte est trs instructive :
la plus forte dispersion est situe exclusivement dans les
dpartements de lOuest. Le problme du mitage de la
campagne inquite, mais il nest pas nouveau. Dans un pays o les
points deau abondent, les cellules paysannes se sont plantes au
plus prs des champs, le plus souvent sans craindre linscurit dun
relatif isolement.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Nous appelons village (lquivalent de
<i>ker</i> en breton, hameau en franais) un
groupe de quelques btiments : logis, tables, granges o
vivent plusieurs familles, rarement une seule. Lordre de grandeur de
la distance entre deux villages est de 500 mtres, variable selon la
qualit de la terre. A certains gros villages est associe une
chapelle o la messe dominicale tait assure jusqu la chute
rcente de leffectif du clerg, cest alors une trve.
Le bourg est le chef-lieu de la paroisse et du mme coup de
la commune ; on y trouve lglise, la mairie et quelques
commerces de ncessit. Il arrive quun bourg enfle et devienne une
petite ville o sinstallent des services publics et o se tiennent
les foires. Certaines villes ont germ directement au point de
rencontre dun fond de rivire mare et dune grande voie
routire.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a></p>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a name="Situation mi-XXme"><font face="Comic Sans MS">Situation mi-XX<sup>me</sup></font></a></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Remontons dun demi sicle. Mise part une
densit de population rurale relativement leve, la Bretagne se
caractrise par un retard dans le systme agricole. La vie la
campagne, des poques antrieures, devait paratre plus semblable
sur toute ltendue du territoire franais, voire au del.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">On se rend au village par un chemin mal empierr et
boueux, quand ce nest pas une simple voie charretire aux profondes
ornires adaptes aux roues gigantesques des tombereaux et des chars
bancs. Les chevaux saccommodent des chemins creux typiques, mais
ceux-ci sont malaiss aux pitons, impraticables aux automobiles. Les
habitants du village scartent peu de leur demeure, la terre
avoisinante o ils dpensent leurs forces est pour eux un monde en soi
qui leur fournit directement lessentiel de leur nourriture. Une
partie de la production est change contre quelques biens
indispensables, mais le fonctionnement conomique est encore largement
autarcique.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les btiments du village entourent ou longent la
cour, aire de travail et de stockage. Parmi les btisses, les logis dhabitation
se distinguent par une plus grande hauteur des toits et des souches de
chemines. Ces logis sont de <i>standing</i> trs vari : de la
loge comparable une grande hutte foyer central
surmont dun conduit de fume en maonnerie grossire, au manoir
converti en ferme. La maison simple deux pignons est le modle le
plus courant ; type darchitecture vidente, moins rpandu dans
les autres provinces.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La pice dhabitation principale, salle vivre,
manger, dormir, nest pas toujours spare de ltable. Une
chemine de taille disproportionne occupe un cot de cette salle. Le
foyer, peine surlev du sol en terre battue, sert la fois au
chauffage et la cuisson des aliments pour les humains. Dautres
lieux de feu sont prvus dans le village pour la prparation de la
nourriture du btail. Approvisionner du bois est une des occupations
des paysans, la gestion des ttards de chne sur les talus et des
rejets de chtaignier dans les taillis simpose comme un souci de
longue haleine. Penche sous le linteau de la chemine, la mnagre
peste au sujet de bches qui ne sont pas de la bonne taille ou pas
assez sches. Mais le plaisir dun bon feu na pas dquivalent.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Suivant une disposition courante, les lits clos et
les armoires salignent le long dau moins un autre cot de la
salle. Un tel front de meubles, pas trs logique puisquun vide
demeure derrire les armoires, constitue le plus beau dcor de la
pice ; les panneaux cirs, les moulures et les fuseaux
accrochent la faible lumire provenant de fentres exigus. Lusage
des lits clos, un temps considr comme spcifique de la Bretagne, a
laiss un souvenir mitig aux personnes qui lont connu, malgr lavantage
dune certaine intimit.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La nourriture nest gure varie, la soupe aux
pommes de terre et au lard constituant lessentiel du menu de chaque
repas. Une bonne part du bl ou du seigle rcolt est livre au
meunier qui en transmettra la farine au boulanger, chacun de ces
artisans effectuant un prlvement pour sa propre
rmunration ; ainsi le cultivateur pourra se fournir en pain
chaque semaine. Pour combler les coupures de fourniture de cette
prcieuse denre, certains jours des crpes de sarrasin sont
confectionnes sur une grande plaque pose sur le feu ; le bl
noir conomise ainsi le froment, un des principaux produits
monnayables. Le lait des vaches de lexploitation est transform sur
place en beurre, une autre denre de consommation et, en partie, de
vente. Outre le lard conserv au saloir, le cochon log dans la
porcherie au bout de la longre (le <i>pen ty</i>) sera transform en
pt et autres charcuteries. La volaille et les lapins viennent en
appoint. Que le paysan soit propritaire ou locataire, lessentiel de
sa nourriture est le fruit de son travail. Limpression dun faible
flux dargent est accentue pour le fermier locataire lorsque le
montant du bail est inscrit en quintaux de bl et en quantit de
btail. Lexcdent qui permet de se vtir et dentretenir le
matriel est fort variable suivant ltendue de la terre, sans
parler des ouvriers qui nen ont pas du tout et se louent aux plus
riches ; de la pauvret une petite opulence.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Peu de confort. On va chercher leau la fontaine
ou au puits. Lclairage est assur, au mieux, par des lampes
ptrole. En hiver lhumidit est envahissante.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Une telle vie nest pas fragmente comme celle des
gens de la ville entre un temps de travail minut et un temps dactivit
pour soi. La paysanne, par exemple, nattribue pas de diffrence de
valeur entre loccupation de traire les vaches et celle de faire la
lessive. Dans cette intgration vitale, les notions demploi et de
chmage napparaissent pas videntes. Chaque famille sorganise en
vue dune rpartition optimale des tches. Celles qui naccdent
pas une activit nourricire sont considres comme relevant du
groupe des mendiants.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Le cultivateur se sent incorpor une catgorie
immuable. Il se voit maillon dune longue ligne laquelle son sort
est li. Sil sefforce dagrandir son petit domaine ou damliorer
son cheptel, lambition de changer de condition ne leffleure pas. Lide
de pousser ses enfants aux tudes, pour leur donner une autre chance
professionnelle, est rcente.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Le primtre lintrieur duquel volue
quotidiennement le paysan englobe les champs quil laboure, les prs
quil fauche et les landes dont il tire parti, rien de plus. Il
connat en dtail les talus et les arbres, et les gens de son village.
Il a des relations avec les habitants des villages voisins et avec les
personnes de sa parent qui ne demeurent pas trop loin. Chaque dimanche
il se rend au bourg pour assister la messe, ou attendre au caf, en
compagnie de ses semblables, que son pouse sorte de lglise aprs
loffice. La famille sera venue en carriole, si la distance est
grande ; on en profitera pour faire quelques emplettes ; ce
remue-mnage dominical est loccasion dentretenir de solides
relations entre les citoyens dune mme commune, les fidles dune
mme paroisse. Tout lunivers de cette paysannerie casanire.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">A de rares occasions, quelque membre de la famille
entreprend un plus long voyage, jusqu la ville o se tient le
march pour y vendre du beurre et dautres petits produits, ou la
foire pour y ngocier un veau ou un poulain. Ce jour-l, on se frotte
aux habitants dautres paroisses, on compare les tenues, la forme des
coiffes. On se renforce dans ladhsion ses propres
particularits, dans lhonneur dappartenir la communaut la
plus valable de la rgion. Cet attachement au terroir, cet esprit de
clocher, est plus apparent en Bretagne quailleurs. Il na rien
voir avec un sentiment national breton.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les pardons, petits ou grands, avec leurs processions
et leurs ftes, sont dautres opportunits de manifester lorgueil
local.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Le ple de tout cela, cest bien la paroisse. Le
pasteur de celle-ci, <i>an aotrou person</i> (monsieur ou quasiment
monseigneur le recteur), est, plus quun guide spirituel, un directeur
de conscience. Le code moral dont il contrle lapplication est
devenu depuis des gnrations un bien commun, le liant social de cette
confrrie. Lambiance qui en rsulte nest pas uniforme dans
toutes les paroisses : les recteurs du Lon sont plus couts
que ceux de la Cornouaille mridionale. A titre dexemples voici deux
observations personnelles des annes 1951-52, bien quelles touchent
aux les, moins paysannes et o les traditions se cristallisent
davantage.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">A Hodic, de sa chaire, le recteur admoneste ses
paroissiens : jen vois dentre vous, des jeunes
surtout, qui se prlassent sur nos plages les dimanches aprs-midi, au
lieu de venir lglise assister aux vpres. Mes frres, seront
nous dignes cette anne de nous rendre en procession Sainte Anne dAuray
pour le grand pardon . La punition aurait t de taille, la
traverse une fois lan de toute la population vers Auray tant pour
tous une distraction primordiale.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">A Molne la pit est sincre, les voix des
hommes slvent au chant du <i>credo</i>, au point de faire vibrer
les vitraux. Les relations sont empreintes dune chaleureuse
solidarit : les homards pchs par les uns et les autres sont
regroups sur un seul bateau pour le transport au continent et la
vente ; il ne semble pas quil y ait de difficult de partage et
les pauvres ne sont pas oublis. Les matelots bnvoles du canot de
sauvetage sont ostensiblement fiers de braver la tempte pour sauver
les vies de gens qui ne leur sont rien.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Dans lensemble la population aspire la fte.
Il existe un dsir trs fort de boire ensemble, de danser au son dune
musique apprcie. Le pouvoir clrical ne rfrne pas seulement les
abus, il sattaque au principe mme de ces distractions. Il en
rsulte une transgression latente qui, dans certains cas, excite le
dveloppement des festivits. Do une raction permanente du
clerg et, de fait, une sorte de dialectique qui compose latmosphre
gnrale.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Attachement exclusif au terroir malgr des
conditions de vie difficiles, pesanteur de lautorit religieuse,
telles sont les composantes les plus sensibles de lme dune
socit en voie de disparition il y a cinquante ans. Nous pouvons
considrer que cette socit a disparu aujourdhui, que cest son
souvenir qui laisse des traces culturelles. Peut-on entrevoir quand et
comment est-elle apparue ?</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a></p>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a name="Chronique historique"><font face="Comic Sans MS">Chronique historique</font></a></p>
<font SIZE="4">
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
</font></b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Au commencement taient les premiers agriculteurs
dont les tombes collectives, les dolmens, sont encore visibles. Leur
civilisation sest teinte, remplace par celle des peuples de lge
du bronze, couverte elle-mme par les cultures de lge du fer,
englobes finalement dans le domaine celtique. Les Armoricains, Gaulois
comme les autres ? Si lon veut, travers les particularits
de chaque tribu ; ainsi les Vntes ont une personnalit
part. Le territoire a t dfrich en trs grande partie ; larchologie
y rvle des villages prospres, o lon consomme du vin italien.
Puis lEmpire romain impose son organisation, fonde des villes. Dans
les campagnes de vastes domaines sont grs de manire patricienne,
chacun centr sur sa <i>villa</i>. Mais beaucoup dexploitations
rustiques demeurent ; faute de renseignements, on doit imaginer des
groupes de huttes dont les habitants entretiennent des usages anciens et
le parler celtique. Aprs plusieurs sicles lEmpire se dmembre,
laissant place des entits de pouvoir phmres, dont certaines
relvent de militaires dbarqus dOutre-Manche. Car limmigration
des habitants de Grande Bretagne, surtout Gallois, a dbut. Lorsque
Clovis signe un trait avec les Armoricains et les Bretons, vers lan
500, il accorde leur pays la libert de se crer un destin. Limmigration
se poursuit, notre histoire commence.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS"> Le temps pressait pour limportant groupe
rassembl [les compagnons de Ninnoc] de se mettre en marche. On
remarquait dans cette foule au moins quatre vques et des prtres et
diacres en grand nombre. Des surs moniales prenaient aussi la mer, et
toutes sortes de personnes des deux sexes Ils embarqurent
joyeusement sur les navires pars Naviguant par vent favorable, puis
parcourant les rives de la Ltavie [Armorique], sous la gouverne de
Dieu, ils les ont abordes avec les sept navires quips .
Ce texte est crit par un moine de Quimperl plusieurs sicles aprs
les vnements, mais il lui est reconnu une certaine vraisemblance
quant lambiance des traverses qui se sont multiplies durant la
premire partie du VI<sup>me</sup> sicle.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">A cette poque subsistent de place en place des
villes anciennement fortifies o sigent des vques ; en
Armorique : Rennes, Nantes et Vannes ; plus louest,
Carhaix est dsaffect, Corseul a dmnag Alet (St Servan). Le
vaste territoire qui deviendra lessentiel de la Basse Bretagne est
purement rural. Les immigrants gallois viennent aussi dun pays sans
ville ; les grands monastres, dune bonne qualit
intellectuelle, y sont les centres culturels. Sans exclure des
fondations comme celle de saint Samson Dol, qui prendra de limportance,
linstallation des Bretons loccident armoricain sera plus
facile.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Ce contexte de larrive dune population
probablement importante a deux consquences : limplantation dune
langue, le quadrillage des paroisses. Deux phnomnes originaux en
regard de la manire dont stablit la Francie.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La langue celtique des immigrants est voisine de
celle quont du conserver une partie des autochtones. Ceux-ci sont
sans doute assez peu nombreux, aprs les crises de la fin de lEmpire.
Le brassage de population a pu tre rapide. Quoiquil en soit le
langage vieux-breton devient de rgle sur un secteur dont la limite est
fluctuante, en tous cas louest dune ligne allant, <i>grosso
modo</i>, de Vannes St Brieuc. Cette langue voluera jusquau
breton moderne, bien quen restant essentiellement populaire.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Il ne faudrait pas associer la diffusion de la
langue une volont dacculturation celtique de la part des
britto-romains qui dbarquent, lesquels se prsentent volontiers comme
des romains venant sopposer la barbarie franque. Cependant ils
importent le vieux systme politique des petits rois,
chacun dominant en toute indpendance un royaume dtermin ; ce
qui nexclut pas des difficults de partage et des dsordres de
voisinage. Les clercs de niveau lev qui les accompagnent sont de
leur parent. Il est difficile de distinguer dans labondant clerg
les personnages qui ont rang dvque ou dabb, les simples
moines ou les prtres. Il est certain que ces reprsentants de lglise
constituent un lment stable dans la mise en place dune
organisation sociale et dans sa prennit.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les documents relatant lvanglisation
pralable la structuration chrtienne sont extrmement rares. Il
nous reste une lettre, adresse vers 510 par les vques de Rennes,
Tours et Angers deux prtres, Lovocat et Catihern, en action louest
de Dinan. Il leur est reproch ceci : que vous ne cessez
point de transporter certaines tables de-ci de-l, dans les cabanes de
divers concitoyens, et que vous osez clbrer des messes en ayant
recours, pendant le sacrifice divin, des femmes . On voit
quil ny a pas dvque breton dans le secteur ce moment.
Ils sont peut-tre eux-mmes itinrants ; lorigine de
certains siges piscopaux, comme celui qui prcde Quimper, reste
difficile situer historiquement. On voit que lusage dautels
portatifs est dconsidr : ailleurs, si lon cre un nouveau
centre religieux, lopration est dirige depuis la cit-vch
et non au gr de prtres en vadrouille. On voit que la participation
fminine la liturgie tonne (la lettre ne comporte toutefois aucune
allusion un quelconque drglement de murs qui naurait pas
manqu dtre relev) ; cest une particularit qui rejoint
dautres usages dits celtiques : le choix dune
date de Pques diffrente de celle du calendrier romain, la tonsure
des moines sur lavant du crne, lextrme asctisme des ermites,
etc. Lexpression clerg celtique est utilise par
facilit pour dsigner lensemble des clercs dIrlande, Galles et
Cornwall ; elle ne doit pas laisser supposer une relle
continuit druidique. A noter quil nexiste pas de divergence
dogmatique srieuse entre ce clerg celtique et la chrtient
romaine.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Selon Bernard Tanguy (CRBC, Brest), le nom du prtre
Catihern, un des destinataires de la fameuse lettre, se retrouve dans le
toponyme Languedias (anciennement Langadiarn driv de Lan Cathiern).
Selon Erwan Vallerie, qui a analys systmatiquement le dcoupage
territorial ancien, Languedias sinscrit dans une paroisse originelle
entre Yvignac et Pllan-le-Petit. De proche en proche, sur la base de
ces travaux, il est devenu possible de lire sur la carte les contours
des paroisses primitives qui perdurent, compte tenu de fragmentations
ultrieures, dans les frontires des communes actuelles,
particulirement en Basse Bretagne.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Le quadrillage du pays effectu trs tt par les
Bretons marque le caractre des habitants pour toujours, pourrait-on
dire. Les fondateurs vont devenir dans la mmoire populaire des saints
souvent ponymes, perptuellement vnrs en grand nombre. Ainsi sinitie,
pour une part, lattachement des paroissiens leur terroir. Nous
reviendrons sur lvolution de la mentalit religieuse.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">A cot du chef clrical de la paroisse apparat,
dans des conditions floues, un responsable civil, le <i>machtiern</i>.
L'poque de l'arrive des Bretons tant probablement marque par linscurit,
il fallait bien un minimum de relais lautorit des rois.
Peu de choses sont connues de lorganisation politique ; il est
possible que certaines structures de ladministration gallo-romaine
fonctionnaient encore ; les chefs bretons ont pu sallier de
notables familles locales Le contemporain Grgoire de Tours nous
explique le partage du Sud de la Bretagne entre Cornouaille et Pays de
Vannes. Ce dernier secteur est consolid par Waroc, chef militaire de
taille sopposer aux Francs, qui incorpore dfinitivement la ville
de Vannes en 590.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">On ne sait presque rien sur le VII<sup>me</sup>
sicle. Silence historique qui signifie peut-tre calme relatif,
priode propice la cristallisation du systme des paroisses. A
partir de 753 les Francs passent lattaque et instaurent
progressivement leur prsence jusquau del de Vannes : les
Marches de Bretagne de lempire de Charlemagne. A louest et au
nord-ouest les Bretons rsistent. Larme impriale de Louis le
Pieux est en difficult face celle de Morvan. Finalement la
suprmatie carolingienne se prcise en 818, y compris propos de la
rgulation des usages monastiques. Une douzaine dannes plus tard,
Nomino est nomm responsable de la province entire ; celui-ci,
aprs une priode de soumission, fait accder la Bretagne lindpendance.
Aprs lui, rispo et Salomon seront de vritables rois. La
frontire stablit sur sa ligne actuelle, voire au del. Laire
du parler breton stend provisoirement vers la Haute Bretagne,
tandis que lorganisation du pouvoir sadapte au modle
carolingien. Dj, llite seuropanise.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Cest alors que les ctes sont grignotes par les
agressions normandes. Les Vikings gagnent, cest la terreur : les
moines fuient leurs couvents, les nobles prennent le large. Les Normands
ont le champ libre durant une trentaine dannes, puis en 936 Alain
Barbetorte revient dAngleterre et reconquiert le pays, sans restaurer
un vritable royaume. Souvre ensuite une poque foisonnante, faite
danarchie apparente et dmergence dune hirarchie nouvelle.
Des petits nobles rigent des mottes de terre surmontes de
micro-chteaux en bois. Ces mottes, encore souvent visibles, sont plus
nombreuses en Basse Bretagne quailleurs ; elles suggrent des
seigneurs de bas niveau, vassaliss par les comtes. Au dessus des
comtes, le pouvoir du duc est parfois incertain. Malgr des
vicissitudes le XI<sup>me</sup> sicle marque lamorce dun
vritable dveloppement : la ville de Quimper se met en place, labbaye
de Quimperl est fonde, et il se prpare bien dautres crations
et dfrichements.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Lautorit ducale saffermit en se croisant avec
des influences anglaises. Le duc se permet par exemple, au XIII<sup>me</sup>
sicle, dordonner larasement des chteaux du Kemenet Hbou,
seigneurie dHennebont. Les donjons de la haute noblesse, ainsi, sont
moins nombreux que dans dautres provinces. Le duch subit des
pressions franaises mais maintient son autonomie. Une terrible guerre
civile de succession ravage toute la Bretagne de 1351 1365 (on est
surtout anglo-montfortiste en Basse Bretagne, davantage franco-blaisiste
en Haute Bretagne) ; ensuite le pays sera moins touch par la
guerre de cent ans et prendra une certaine avance dans son volution
vers un tat de type moderne. On peut parler dune relative
prosprit, qui ne sera pas brise par linfodation graduelle
la France. Le rgne dAnne de Bretagne assure la transition. En 1532
la province est formellement rattache au royaume ; elle conserve
certains privilges jusqu la fin de lAncien Rgime.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Lenrichissement se manifeste par un commerce
maritime foisonnant. En ce qui concerne les agriculteurs, la culture du
lin et son traitement y contribuent. De nombreuses fermes deviennent des
ateliers de filage et de tissage : un vritable complexe
agro-industriel.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La Bretagne se distingue alors par la construction de
manoirs, par milliers. La petite noblesse exerce certaines pressions sur
les paysans : obligation dusage du moulin, du four
pain ; mais une sorte de complicit culturelle est de mise. La
clbre pice de thtre traitant la vie de sainte Nonne, qui a son
origine du cot de Landerneau, est joue par des ruraux aprs
maturation du texte breton et de la mise en scne par des aristocrates
locaux. Ernest Renan voquera le rle dducation intellectuelle et
morale du noble de campagne. Tandis que, pour lessentiel,
llite est largement francise.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les guerres engages par Louis XIV conduisent un
blocus conomique et la fin des activits exportatrices. En 1675 la
rvolte dite des bonnets rouges clate en divers points de
Bretagne, svrement rprime. Les intermdes de paix permettent
aux grands ports de se dvelopper, mais pour le monde paysan souvre
une priode de renfermement local et de pauvret accentue par les
pousses dmographiques, pour plus de deux sicles.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les ides rvolutionnaires germent dans le Club
Breton et certains membres du bas-clerg sont actifs dans la premire
assemble nationale. Ce courant ne prend pas dans les campagnes,
surtout ds quil est port atteinte la libert du clerg. On
ne peut parler de chouannerie gnralise ; chaque paroisse vit
les vnements sa manire.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Le cadre politique et juridique volue au XIX<sup>me</sup>
sicle sans consquences importantes la base de la socit. Parmi
les progrs techniques et industriels, le chemin de fer est celui qui
apporte le plus de changement : des denres agricoles rejoignent
les gares, venant des exploitations qui sont porte de charrette. La
guerre de 1870 draine une arme bretonne conduite mi-chemin de
Paris, pauvre troupe qui vgte Conlie o les escouades restent
groupes par paroisses dorigine.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les champs de bataille de la premire guerre
mondiale sont lointains mais meurtriers pour la Bretagne dont les hommes
y meurent davantage que ceux des autres provinces. Chaque famille est
touche. Ce lien de sang avec la nation entrane une adhsion la
rpublique ; en gnral, en dehors de certaines villes et de
quelques campagnes, lopinion penche droite.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Un dbut dquipement mcanique apparat :
au cur de lt, dans les annes 30, le ron-ron des machines
battre le bl remplace le roulement du choc des flaux sur laire.
La deuxime guerre mondiale jette un voile sur toutes les activits.
Durant ces annes noires, une pousse de sentiment ptainiste, voire
indpendantiste et collaborationniste, sera sans suite, ladhsion
la rsistance devenant gnrale. Les modes de production et dchanges
rgressent. La pnurie qui suit la guerre repousse lenclenchement
de la rvolution agro-alimentaire jusque vers 1955.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a></p>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Chronique <a name="conditions de vie">conditions de
vie</a></font></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">A travers les quatorze sicles dhistoire ainsi
succinctement prsente, les conditions de vie des paysans ont
volu sans vritable mutation. Les maisons quils habitaient,
jusquau del de lan mil, ne devaient pas tre trs diffrentes
de huttes gauloises. Les traces archologiques sont minces : prs
de Melrand, Lann Gouh, les restes de ce qui tait peut-tre un
bourg, abandonn, rvlent des habitations constitues dune
charpente rustique poses sur un muret. Des maisons analogues ont t
dcouvertes sous le sable des dunes de Guidel, datables du XIII<sup>me</sup>
sicle. Le foyer est central, sur le sol, la fume schappant par
une perce de la toiture en chaume. Il semble ny avoir dautre
ouverture que la porte. Le mobilier intrieur devait se limiter un
bat-flanc couvert de paille servant de lit collectif. Ds que le temps
le permettait on vivait dehors (<i>er-maez</i>, dont le sens slargit
tout lespace) plutt que dans cette pice sombre et enfume. La
situation samliore la fin du Moyen Age : les murs slvent
et la chemine de pignon apporte un progrs sensible. Certains paysans
propritaires assez riches, et les fermiers dont les propritaires
sont bienveillants, habitent aux XVIII<sup>me</sup>- XIX<sup>me</sup>
sicles des demeures dapparence respectable. Lardoise devient un
matriau de couverture courant. Durant la premire partie du XX<sup>me</sup>
sicle, les maisons des cultivateurs ne sont gure rnoves.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">De mme que les habitations samliorent
lentement, la manire domestique de vivre volue, sans que le
changement ne soit perturbant dune gnration lautre. De la
marmite mdivale en terre on passe au chaudron de fonte. Le grain
longtemps broy sous la meule manuelle est port au moulin, la pain
cuit au four banal. Au lieu de manger agenouill auprs du feu, on sassoit
une table ; lcuelle de bois est remplace par lassiette
en cramique grossire puis en faence. Coffres et armoires, plus
tardivement lits clos, garnissent le logement. Si la fontaine o puiser
leau est lointaine, un puits est creus au cur du village ;
un lavoir maonn est dispos auprs de la fontaine. Lantique
lampe huile ou graisse est relaye par la bougie et finalement
par la lampe hydrocarbure.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La pratique agricole est celle de la polyculture
vivrire, mais les aliments cultivs varient : pois chiche puis
pomme de terre, peautre puis seigle et froment De mme pour le
btail nourricier : labondance du mouton fait place la
gnralisation du cochon familial. La prsence de la vache est
constante, son lait est la fois boisson et nourriture, en toutes
saisons, ce qui dispense dune tradition fromagre ; le beurre
sal, par contre, est regard comme une ancienne marque culturelle.
Dans les fermes pauvres des vaches sont utilises, dfaut de bufs,
pour tirer la charrue ; cela se voit encore durant la dernire
guerre. Le cheval est prfr, surtout dans le Finistre o il
devient emblmatique, et facilite lusage, dans les grandes fermes,
des premiers appareils tels que la faucheuse barre de coupe relayant
faucilles et faux dont le maniement a puis tant de gnrations.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">A certaines poques, de nouvelles denres se
rpandent rapidement : le tabac, le caf, le sucre qui vient
remplacer le miel. Les boissons changent, de la cervoise, lhydromel
et le mauvais vin local au cidre puis au vin dimportation. Les
nouvelles habitudes de consommation exigent un accroissement de lexcdent
de production vendable ; aux priodes fastes le tissage de la
laine et du lin y contribue, et plus tard une lgre augmentation des
rendements agricoles. Un progrs tout relatif du niveau de vie
entrane quelques acquisitions : le char bancs et la grange
grand porche pour labriter ; surtout la floraison des costumes
dont la richesse est toujours admire, dont la varit traduit le
chauvinisme de chaque paroisse. Lhabillement paysan nest pas au
dpart une particularit bretonne, il le devient la fois sous leffet
dun retard social et dun mouvement de mode sans cesse en
volution, qui le rend attrayant pour celles et ceux qui le vivent.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La population paysanne traverse les sicles sous
diffrents statuts. Le haut moyen ge connat des paysans libres et
des colons asservis. Lvolution fodale conduit des formes de
servage. Aux derniers temps certains agriculteurs restent ou deviennent
propritaires de leur terre, dautres sont mtayers ou fermiers, ou
sous-locataires de fermages. Cette diversit de situations, jointe
la variation des superficies exploites, explique des diffrences de
conditions dexistence. Conditions dont il est difficile de schapper,
chacun se sachant li une classe. De tous temps les meilleurs, ou
les plus ambitieux, ont bien quelques moyens de slever en devenant
notables dans leur paroisse, en entrant au sminaire, en accdant aux
basses charges dadministration ou en se risquant au mtier des
armes. La scolarisation gnralise apportera finalement lide
den sortir par les tudes.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Noublions pas lomniprsence des plus pauvres,
ceux qui nont pas de terre, travailleurs prcaires et mendiants,
plus ou moins nombreux selon les circonstances conomiques, soutenus
par la gnrosit publique : charit encourage par le
clerg, souvent circonscrite la population de la paroisse.</font></p>
<p><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a name="Chronique religieuse"><font face="Comic Sans MS">Chronique religieuse</font></a></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Le clerg : nous lavons vu quadriller le
pays ds le VI<sup>me</sup> sicle. Le long cordon clrical se
droulera, avec des hauts et des bas mais pratiquement sans
interruption, quelles que soient les structures politiques et travers
les coupures dexercice du pouvoir civil. Le caractre breton du
clerg et son adhrence au peuple conduiront Nomino chasser les
vques nomms par les instances dobdience romaine. Les listes dintervenants
dans les actes du cartulaire de Redon traduisent le nombre considrable
de religieux au IX<sup>me</sup> sicle : moines et prtres, pas
toujours diffrencis, rpandus dans les paroisses et les petits
monastres, lesquels deviendront souvent prieurs des grandes abbayes.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Nous ne connaissons rien des premires glises
paroissiales. La plus vnrable qui nous soit reste entire,
Trfumel au sud de Dinan, construite vers 1050, est constitue sur
vingt mtres de long de deux pices rectangulaires spares par un
arc en plein cintre. La plupart des paroisses squipent, vers le XII<sup>me</sup>
sicle, dglises de style roman ; elles ont survcu, comme
Langonnet, l o les circonstances ont vit leur remplacement. La
construction, lentretien ou la reconstruction de lglise
dpendent de la richesse locale. En effet cest le conseil de
fabrique (une association de citoyens, dirait-on aujourdhui) qui
gre les fonds, en parit avec le recteur. La volont populaire dlever
de beaux difices est trs forte, et durant les priodes fastes, en
concurrence dune paroisse sa voisine, de magnifiques difices
sont construits et chargs de sculptures ; ainsi les ensembles
dits enclos paroissiaux du Haut Lon, dun style
particulier hsitant entre le gothique finissant et la faon
renaissance. Les intrieurs se meublent de retables dors dinspiration
baroque. On voit encore se raliser de grandes glises au XIX<sup>me</sup>
sicle, particulirement dans certaines bourgades ctires enrichies
par la pche et en Loire-Atlantique. Quoiquil en soit, pour le tiers
dentre elles, les glises et chapelles du Finistre sont ges de
plus de quatre cents ans.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Comme un autre signe dattachement la religion,
de tous temps le symbole chrtien est dress un peu partout : des
stles graves du VI<sup>me</sup> sicle aux croix de missions
jusquau XX<sup>me</sup>, en passant par les calvaires monumentaux.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Culte du Christ, culte des saints : les
dsignations des bourgs sont souvent formes du nom dun personnage
vnr comme fondateur de paroisse ; ainsi Treffiagat au pays
bigouden drive de Riagat ou Riochat, vque au V<sup>me</sup>
sicle. La continuit du souvenir des vieux saints est vidente,
visible travers la quantit de statues disposes dans tous les
difices religieux. Beaucoup restent inconnus, ne figurent que dans un
calendrier dont labondance est sans quivalent dans dautres
rgions. Pour certains dentre eux des biographies fort enjolives
ont t rdiges dans les <i>scriptoria</i> des monastres ;
la tradition populaire a enrichi ces rcits lgendaires et attribu
chaque saint des proprits miraculeuses particulires. Lenseignement
donn par le clerg sest adapt ces croyances et, encore au
dbut du XX<sup>me</sup> sicle, le recueil des Vies de Saints
tait le seul livre prsent dans les demeures rurales ; on y
lisait chaque soir le texte relatif au saint du jour.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Cette ambiance de familiarit avec les mes de ceux
qui ont mrit le paradis va de pair avec le sentiment breton de la
proximit des morts. Un des contes raconts aux veilles, recueilli
par Luzel, illustre cette sensation. Rsumons le : dans les
fermes, pour assurer une prsence permanente, quelquun devait
assister au premier office dominical afin qu son retour les autres
membres de la maisonne puissent se rendre la grand-messe ; cest,
ce dimanche l, le tour de la jeune Marianna. Au chant du coq, elle se
hte daller au bourg (de Plouaret, dans le conte) et passe le porche
de lglise en compagnie de gens qui semblent se presser daccourir
depuis le cimetire avoisinant. Marianna est surprise du nombre de
personnes et de leur calme : pas un bruit de sabot raclant les
dalles, pas un ternuement. Elle ne situe pas de visage connu et croit
entrevoir la silhouette dune vieille femme morte lan dernier. Sur
le chemin du retour elle stonne de voir peine le jour pointer.
Le coq du village nest pas des plus srieux, le voil qui chante
nouveau ; la pendule confirme Marianna quelle tait partie
beaucoup trop tt. Les anciens lui expliqueront quelle vient dassister
la messe de nuit des mes du purgatoire. Banal, en somme.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Un tel difice de croyances, introduisant une morale
stricte respecte avec crainte, ne sest pas construit en un jour. La
foi populaire passe par des hauts et des bas. Linfluence des petits
monastres celtiques steint ; plus tard les abbayes
cisterciennes ont de leffet sur leur voisinage. Saint Yves, un des
rares prtres de toute la chrtient canonis officiellement au
Moyen Age, renouvelle lesprit de charit et de prdication. Au XVII<sup>me</sup>
sicle, aprs Michel Le Nobletz, le pre Julien Maunoir parcourt les
campagnes, favorise les prches en langue bretonne, initie les
retraites et les missions. Il sera suivi par Grignon de Montfort. Ce
courant religieux est la fois grandiloquent et contraignant,
considr depuis comme dmod y compris par certains des clercs de
la dernire grande vague des vocations du tournant des XIX<sup>me</sup>-
XX<sup>me</sup> sicles. A cette dernire poque les Bretons sont
fiers de dire, sans doute avec exagration, que la moiti des
missionnaires catholiques dans le monde vient de leur pays.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La mentalit de la population nest pas sans
interfrer avec lHistoire. La grande guerre de succession se termine
par la victoire de Jean de Montfort, accept comme duc ; cependant
son concurrent Charles de Blois, plus pieux, devient lobjet dune
grande dvotion. Sous la Rvolution, les prtres rfractaires sont
protgs par les paysans ; on montre encore leurs caches. La
sparation des glises et de ltat est difficilement
accepte ; quelques violences clatent autour des processions.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La vie est encadre par un ensemble de rgles,
ingrdients du ciment social. La morale individuelle est proche de
celle relevant des dclarations des papes actuels ; elle est
rellement prise en compte, au moins comme rfrence publique, sous
le contrle clrical.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a></p>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a name="Langue"><font face="Comic Sans MS">Langue</font></a></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Imprgn de religiosit, le peuple breton
occidental nen est pas moins fidle sa langue. Nous avons dj
voqu son implantation et ses variations. De mme que chaque
socit volue en ne retenant quune partie de ses
caractristiques initiales, chaque langue a son histoire. Le parler
vieux-breton voisin du gaulois serait inintelligible aux bretonnants daujourdhui.
Beaucoup de langues ont ralenti leur volution lorsquelles ont t
abondamment crites, et mieux codifies quand elles ont t
imprimes. Ce nest pas le cas ici : le breton est
essentiellement verbal ; il na mme pas t utilis pour les
actes de type administratif, crits dabord en latin puis en
franais. De plus il est abandonn par llite sociale et
progressivement par les bourgeois des villes. Seuls les prtres des
paroisses sont tenus de le pratiquer, en lapprenant au besoin au
sminaire, ce qui normalise un peu la syntaxe sans enrichir le
vocabulaire. On peut dire que depuis presque mille ans le breton est de
transmission orale et rurale. Sur la base de deux dialectes
originellement diffrents, le vannetais et le groupe
cornouaillais-lonard-trgorrois, des variantes apparaissent
naturellement dans ce monde verbal o les terroirs sont referms sur
eux-mmes. Il est remarquable que cette disparit nait pas t
plus importante et que le langage ait conserv toute sa finesse. La
fidlit au breton et le got de le parler provient de sa qualit et
dune tendance au respect des traditions. La ruralit de son
implantation, et le fait quil risquait dtre considr comme un
obstacle lintgration au progrs, lont fragilis.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a></p>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a name="Conditions finales"><font face="Comic Sans MS">Conditions finales</font></a></p>
<font SIZE="4">
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
</font></b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Nous avons examin le cheminement de la civilisation
paysanne bretonne et plus spcialement bas-bretonne et considr son
aboutissement : une socit relativement fige, casanire,
gnralement soumise malgr sa diversit une thique commune
base religieuse. La vie est dure dans cette collectivit plutt
pauvre, bien quelle se dbride parfois dans le dlire de ftes
encadres par le folklore. Le dcalage par rapport lensemble de
la socit franaise, scrut par lil du touriste, dvoil par
les progrs des communications, pouvait conduire un renfermement sur
le modle des rserves dindiens ou une sorte de disparition. La
vieille carcasse tenait par des ressorts uss mais quelques forces
internes allaient dvier et prparer une mutation positive.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Dabord un retournement sur lui-mme du
clricalisme. Une partie du clerg breton adopte les principes de laction
catholique selon lesquels les chrtiens sapproprient la
rflexion sur leur foi et son application pratique. Du coup les jeunes
ruraux sont gagns par le dsir damliorer leurs mthodes
agricoles et leur genre de vie. Cest la porte ouverte au fulgurant
progrs de la mcanisation de la culture, au remembrement de la terre,
ltablissement dlevages hors sol.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Ensuite par un accueil favorable lenseignement.
On ne discute pas le sermon du recteur, on accepte la parole de linstituteur.
Dans certaines rgions industrielles les familles ne poussent pas aux
tudes : tu seras un bon ouvrier comme moi, mon
fils ! . Ici, dans un contexte de dbut dmigration
vers les villes, sinstalle une prise de conscience trs forte de la
possibilit de russite par la performance scolaire. Au point de
considrer comme un frein lentretien des traditions, de la langue.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Au total on assiste en quelques annes un
asschement des vocations religieuses (aprs quatorze sicles de
plthore !) et une inhibition de la culture ancestrale, sur un
fond de productivisme agricole exagr qui vacue de la campagne un
grand nombre de paysans.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Recherchant des lments de lidentit bretonne,
des observateurs ont mis en relief un sentiment de regret envers labandon
de valeurs immmoriales ; en quelque sorte la sensation dune
faute. De plus, ayant peru la critique porte par les autres sur son
genre de vie obsolte, le Breton aurait retourn vers lui ce regard
rprobateur, en aurait tir de la honte. Cette mauvaise conscience a
sans doute imprgn une gnration, elle tait peut-tre fatale
compte tenu de limportance du bond sociologique effectuer ;
elle na plus cours aujourdhui : les jeunes, lorsquils ne
sont pas indiffrents ces questions, militent avec fiert pour une
culture bretonne revivifie.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a></p>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><a name="Conclusion"><font face="Comic Sans MS">Conclusion</font></a></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Rcapitulons : le germe apport par des
populations brittoniques il y a fort longtemps a produit, travers un
long droulement historique, une civilisation type. Le fruit de cette
maturation stait presque ptrifi alors que lenvironnement
universel gagnait en modernit. Puis la rupture du lien ancestral a
accompagn le dpart vers un nouveau destin. Nous venons dassister
la fin de lhistoire dune paysannerie, dont nous avons pu
dtecter le commencement.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Les signes matriels du changement sont l,
irrversibles : le robinet sur lvier, le fourneau de cuisine,
llectricit. Labri du tracteur a dfinitivement remplac lcurie
aux chevaux, dans un nombre dexploitations agricoles
considrablement diminu.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Constate-t-on des survivances du monde ancien ?
Lattachement au terroir sest conserv : nombreuses sont les
chapelles entretenues par des associations dhabitants proches. Dans
le respect des fontaines voisines, quelque rminiscence celtique
transparat, rode par des sicles de vnration. Dautres traces
sont dcelables ici ou l. La culture musicale en est la plus
palpable ; la Bretagne, ayant su souvrir aux influences dIrlande
et dcosse (pays ayant eu un sort parallle), est la seule rgion
de France productrice de crations au <i>feeling</i> enracin. Lampleur
du phnomne se mesure au succs des festivals ; jusquau
del des limites traditionnelles, aux Vieilles Charrues.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">On prte au Breton un temprament ttu, crdule,
mlancolique. Sa tte dure est un fantasme. Sa crdulit
reflte une fidlit ancienne, ne pas prendre pour de la
navet. Quant au caractre mlancolique, il transparat seulement
dans une certaine nostalgie de la vie en sabots, une recherche de
mmoire littraire du temps des grands-pres et de fugitives
reconstitutions des travaux agricoles dautrefois. Dans lensemble,
pas de dsir viscral dune conservation des traditions ; la
langue bretonne aurait pu devenir lobjet dune sollicitude
consensuelle gnralise, cela na pas t la cas.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">La tendance mlancolique est contrebalance par un
besoin dagir. Chateaubriand gratte lme, douard Leclerc lance
un rseau de grande distribution. La personnalit de ce dernier
prsente elle seule lambivalence : il aime se dire inspir,
visionnaire.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS">Un nouvel pisode de lhistoire de la Bretagne est
enclench, une nouvelle aventure dont les motivations dbordent la
mutation de la classe paysanne : rupture plus que mutation, qui,
aprs quon lait enregistre, libre des vellits de retour
en arrire. Le dynamisme actuel intgre des facteurs ncessitant une
vision plus globale ; ce serait lobjet dune tout autre
analyse.</font></p>
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<p ALIGN="CENTER"><font face="Comic Sans MS"> </font></p>
<p><a href="#HDP"><font face="Comic Sans MS"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></font></a><!--mstheme--></font></td>
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</table><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
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</div>
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</html>