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<title>LES ENCEINTES FORTIFIEES DU HAUT MOYEN AGE EN BRETAGNE</title>
<meta name="description" content="Philippe Guigon: Les enceintes fortifies du Haut Moyen Age en Bretagne, les sites protohistoriques">
<meta name="keywords" content="enceintes, fortifies, fortifications, fortification, romains, romain, murailles, viking, vikings, perons, promontoires, milliaire, archologie, histoire, chteau, toponymie, fouilles, littoral, prospection, stle, saint">
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<b>
<p ALIGN="center">
<a name=". Hdp"><font color="#CCFFFF">.</font></a>
</p>
<div align="center">
<center>
<!--mstheme--></font><table border="0" cellpadding="3" width="700">
<tr>
<font SIZE="2" FACE="CG Times (W1)">
<td width="52%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<p align="right"><!--mstheme--></font></td>
</font>
<td width="26%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<p align="right"><a href="javascript:history.go(-1)" name="dar guer"><span style="background-color: #FFFFCC"><font face="CG Times (W1)" size="2">Page
prcdente</font></span></a><!--mstheme--></font></td>
<td width="10%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="../index.htm" target="_top"><font face="CG Times (W1)" size="2">Accueil</font></a></span><!--mstheme--></font></td>
<td width="12%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="Plan_du_site.htm" target="_parent"><font face="CG Times (W1)" size="2">Plan
du site</font></a></span><!--mstheme--></font></td>
</tr>
</table><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
</center>
</div>
<p align="center"> </p>
<div align="center">
<center>
<!--mstheme--></font><table border="0" cellspacing="1" width="700" style="text-indent: 30">
<tr>
<td><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<b>
<p ALIGN="center">
<font face="Comic Sans MS" size="3">LES ENCEINTES FORTIFIEES DU HAUT MOYEN AGE EN BRETAGNE</font>
</p>
</b><font SIZE="3">
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
</font><b><i>
<p ALIGN="CENTER"><font face="Comic Sans MS" size="3">Philippe Guigon</font></p>
</i></b><i>
<p ALIGN="CENTER"><font face="Comic Sans MS" size="3">Confrence du 15 mars 2003 - Lorient</font></p>
</i>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="2"><a href="#Introduction">Introduction</a>
- <a href="#Les rutilisations de sites de hauteur protohistoriques">Les rutilisations de sites de hauteur protohistoriques</a>
- <a href="#Les tablissements ruraux romains">Les tablissements ruraux romains</a>
- <a href="#Les moyens dinvestigation">Les moyens dinvestigation </a>-
<a href="#La toponymie">La toponymie</a> - <a href="#Les Vies de saints">Les Vies de saints</a>
- <a href="#Chroniques et rcits militaires">Chroniques et rcits militaires </a>-
<a href="#Les textes juridiques">Les textes juridiques</a> - <a href="#Larchologie">Larchologie</a>
- <a href="#Sites rejets">Sites rejets</a> - <a href="#Botalec en Landvant (56)">Botalec en Landvant (56)</a>
- <a href="#Montagne du Prieur, en Locronan">Montagne du Prieur, en Locronan
</a>- <a href="#Normands et Bretons">Normands et Bretons </a>- <a href="#Bibliographie">Bibliographie</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="center"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a name="Introduction">Introduction</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY">
</b><font face="Comic Sans MS" size="3">Les enceintes fortifies du haut Moyen Age, par rapport
aux chteaux mdivaux en terre ou en pierre qui leur succdrent,
demeurent relativement mconnues en Europe de lOuest, surtout en France si lon
compare la situation avec les les Britanniques ou lAllemagne ; peu de
sites sont rpertoris et localiss exactement, moins encore ont fait lobjet
de fouilles, le plus rcent et le plus spectaculaire tant celui du chteau
de Mayenne, remontant au x<sup>e</sup> sicle. La Bretagne nchappe pas au
sort commun, et il est souhaiter que les annes futures tofferont le
corpus.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Tout dabord, quest-ce quune enceinte
fortifie ? Si les murailles urbaines sont bien connues depuis le Bas
Empire, avec leurs maonneries employant des <i>tegulae</i>, ainsi Nantes,
Rennes et Vannes, sil subsiste quelques <i>castra</i> du iv<sup>e</sup>
sicle Alet et Brest, quen est-il des lieux de pouvoir dune
aristocratie exceptionnellement mentionne dans les textes avant le ix<sup>e</sup>
sicle ? Ces rsidences taient-elles dailleurs ncessairement
dfendues ? Il a t avanc que les techniques de la fortification
avaient disparu durant le haut Moyen ge, ne rapparaissant quen raison du
pril viking. Ainsi Gildas, dans son <i>De Excidio Britonum</i>, crit vers
540 que les Bretons, ignorant lart de btir un rempart solide destin
les abriter des Pictes et des Saxons, difirent un mur entre les deux mers en
mottes de gazon, et non en pierre : mais il faisait allusion au mur dAntonin,
datant en ralit de 139 !</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Le but de cette communication est de dmontrer que lart
de la fortification continua dtre pratiqu durant le haut Moyen ge en
Bretagne, mme si ltat de la recherche historique et archologique ne
permet qu peine de soulever un coin du voile. Nous envisagerons tout dabord
les ralisations antrieures cette poque, avant dtudier les moyens dinvestigation
qui lui sont spcifiques, puis de conclure aux environs de lan mil.</font><b><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a></font>
</b></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Les rutilisations de sites de hauteur protohistoriques">Les rutilisations de sites de hauteur protohistoriques</a></font></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Lemploi dfensif de sites de hauteur naturellement
protgs, tels des perons et des promontoires, remonte la plus lointaine
antiquit, et les exemples de rutilisations successives abondent :
voquons simplement ici le camp du Lizo en Carnac (56), remontant au iv<sup>e</sup>
millnaire et occup jusqu lpoque romaine, ou le Foss Catuelan
barrant le Cap dErquy (22) au Hallstatt puis la Tne finale. Cest
cette dernire poque que fut souvent attribue la grande majorit des sites
de hauteur, rarement fouills avant lexpdition bretonne de Sir Mortimer
Wheeler (1938-1939). La toponymie, parfois un texte, quelques dcouvertes
mobilires en ces endroits ou leur proximit immdiate, confirment leur
remploi durant le haut Moyen ge : ainsi le promontoire barr dOrange,
en Vieux-Vy-sur-Cousnon (35), <i>vetus vicus</i> attest en 1020 dans lequel
ont t trouvs des sarcophages, parat un excellent exemple avec une
chapelle romane ddie la Trinit, de mme que Villavran, en
Louvign-du-Dsert (35), do proviennent des sarcophages en calcaire
coquillier. Le Chteau de Larr, en Larr (56), parat assimilable au <i>Ran
Macoer Aurilian</i> mentionn en 852, nom peut-tre impos par le milliaire dAurlien
(ultrieurement transform, peut-tre lpoque carolingienne, en
sarcophage) jalonnant le diverticule de la voie romaine de Rennes Vannes, mis
au jour Molac (56) ; le nom de ce domaine, drivant de <i>maceria</i>,
" ruine ", " mzire " en langue
romane et " macoer " en vieux breton, se retrouve dans
Mangolerian, en Monterblanc (56), o la chapelle repose sur un btiment
romain. La Cour de Marzan, en Marzan (56), promontoire aux pentes peu
prononces, renfermait des sarcophages. Dautres sites protohistoriques
furent occups durant le Moyen ge central, et il parat probable que loccupation
ne sinterrompit point Castel-Coz, en Beuzec-Cap-Sizun (29) ou
Castel-Meur, en Clden-Cap-Sizun (29), do provient un vase rappelant une
trouvaille de la rsidence dpoque carolingienne de Locronan (29) ; la
situation est voisine avec le vaste promontoire de Castennec, en Bieuzy-les-Eaux
(56), occup depuis au moins lpoque gauloise, comprenant une chapelle
ddie la Trinit, et attest en 1124-1125 avec son " foss du
vieux chteau ".</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Quelques trop rares textes voquent ces sites de hauteur,
ainsi le petit monastre de Castel-Uuuel, " chteau
lev " donn Redon en 842, dominant la Vilaine et localis en
Avessac (44). Au Mur, en Comblessac (35), saint Melaine aurait miraculeusement
guri Aspasie, fille du " roi " Eusbe qui rsidait alors
dans son <i>castrum</i>, promontoire occup sans interruption aucune de lpoque
gauloise la fin du Moyen ge. La <i>Chronique de Saint-Brieuc</i>, rdige
au xiv<sup>e</sup> sicle, raconte sans sourciller que Maxime et Conan
Mriadec se seraient empars de villes et de " forts ", <i>oppida</i>,
avant de les fortifier de nouveau, ainsi que des
" promontoires ", <i>promuntoria</i>, terme qui pourrait
driver de <i>munitio</i>, " lieu protg " et qui
rappelle curieusement des perons barrs protohistoriques et leur
roccupation.</font></p>
<p ALIGN="center"><font face="Comic Sans MS" size="3"><img SRC="images/Roll_fichiers/Image7.gif" WIDTH="547" HEIGHT="258" align="center"></font></p>
<blockquote>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY" style="text-indent: 25"><font face="Comic Sans MS" size="3">" <i>Conqute de lArmorique par Maxime et
Conan-Mriadec</i> " (F.-G.-P.-B. Manet, <i>Histoire de la
Petite-Bretagne, ou Bretagne-Armorique, depuis ses premiers habitants connus</i>,
t. i, Saint-Malo, 1834)</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
</b><font SIZE="3">
</blockquote>
</font><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Les tablissements ruraux romains">Les tablissements ruraux romains</a></font></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Plutt que du terme galvaud " camp
romain ", qui na pour linstant pas obtenu de confirmation
archologique certaine, nous prfrons prudemment employer cette expression
moins prcise, faute de pouvoir y distinguer lune des fortifications
dfinies par Vgce, <i>castra stativa</i> (longue occupation), <i>castra
hibernae</i> (pour la mauvaise saison) ou <i>castra aestivalia</i> (simples
fortins temporaires). Cependant quelques enclos tels Castellien, en Meilars
(29), Muriou, en Pont-de-Buis-les-Quimerch (29), Lescastel, en Elven (56),
Kerfloch en Plaudren (56), installs en terrain plat, carrs de prs de
100 m de ct pourvus de talus atteignant jusqu 5 m de hauteur,
appartiennent vraisemblablement lune de ces fortifications abritant des
" paysans-soldats " durant une priode dutilisation
indtermine, probablement parfois de longue dure : ainsi Castel
Kerandroat, en Plsidy (22), outre une monnaie de Vespasien, a fourni une
pice mise par Znon, empereur dOrient entre 474 et 491 et un <i>aureus</i>
frapp sous Jules Nepos, empereur dOccident en 474-475. Mais dans la plupart
des cas ces tablissements demeurent indatables, comme lancien <i>castrum</i>
(disparu) dans lequel, selon sa Vie du xi<sup>e</sup> sicle, Gildas tablit
son monastre, futur Saint-Gildas-de-Rhuys (56). Castel Veuzit ou La Boissire,
en Lanmeur, nom drivant de <i>buxetum</i>, " lieu plant de
buis ", est un <i>castellum</i> appel <i>Boccidus</i> par la Vie de
Melar au xii<sup>e</sup> sicle, <i>castrum</i> par celle du xiv<sup>e</sup>
sicle. Dans cet enclos conserv sur trois cts, constitu de deux talus
et deux fosss, se trouvait une chapelle ddie saint Melar, ponyme de
la paroisse depuis au moins le dernier tiers du x<sup>e</sup> sicle ; les
fragments de <i>tegulae</i> y abondent.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Les grands domaines romains subirent de plein fouet la crise
de la fin du iii<sup>e</sup> sicle mais certains perdurrent probablement au
trs haut Moyen ge ; la <i>villa</i> des Bossno, en Carnac, a fourni
une possible attache dun seau de parade dpoque mrovingienne,
tmoignant dune installation temporaire. Venance Fortunat dcrit, dans la
seconde moiti du vi<sup>e</sup> sicle et dune faon amphigourique <i>laula</i>,
la rsidence de saint Flix, vque de Nantes, <i>Cariacum</i>,
peut-tre Chassay, en Sainte-Luce-sur-Loire (44).</font><b><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a></font>
</b></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Les moyens dinvestigation">Les moyens dinvestigation</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a name="La toponymie">La toponymie</a></font></b></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"> Les termes dorigine latine, tels ceux
drivs de <i>castrum</i> et de <i>castellum</i>, souvent synonymes lun de
lautre dans les textes, paraissent anciens mais ne peuvent que rarement tre
dats ; lorsque " castel " rentre en composition avec
le prfixe <i>plou</i>-, il est probable que cette forme remonte au haut Moyen
ge, ainsi avec Plchtel (35), paroisse mentionne en 875 sans que le <i>castellum</i>
ponyme ait laiss de traces. Quelques termes germaniques trahissent des
fortifications, ainsi " salle ", qui entre en composition
avec <i>plou</i>- pour former Plozal (22), dpourvu de tout vestige de ce
type la diffrence du " Camp des Salles ", appellation
atteste seulement au xix<sup>e</sup> sicle de la rsidence de la Montagne
du Prieur, en Locronan. " Garde ", dsignant un
" poste de garde ", nest pas attest anciennement, le
seul exemple intressant semblant La Couarde ", ancien nom donn
traditionnellement au promontoire de Castennec. " Haie ",
dsignant initialement un bosquet, un bois entour de haies, a le sens de
fortification dans ldit de Ptres (27) par lequel Charles le Chauve
ordonna en 864 la destruction des <i>castellas et firmitates et haias</i>
tablis sans laval de la puissance publique ; aucune trs ancienne
" haie " nest connue en Bretagne. La datation de
" Guerche " est toujours controverse, des origines
saxonne, franque ou normande ayant t proposes pour ce terme remontant au
haut moyen ge et qui driverait du francisque <i>werk</i>,
" fortification ", bien que lon ait galement propos
une explication par le vieux norois <i>virki</i>, " fortification,
chteau ". Aucun systme nemporte la conviction et les paroisses
de ce nom sont de cration tardive, telle La Guerche-de-Bretagne (35), dont le
seigneur, Mainguen, napparat quau dbut du xi<sup>e</sup>
sicle : prs de la motte furent trouvs en 1903 les restes dune
" tour " ou dune salle carre de 7 m de ct.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Lessentiel des informations toponymiques intressantes
ressort bien entendu du domaine celtique. Ainsi, <i>Din</i>, du gaulois <i>dun</i>,
se rencontre rarement dans les sources documentaires. Le nom <i>Brehant dincat</i>,
lieu de naissance de saint Paul-Aurlien, en Cambrie, est glos <i>guttur
receptaculi pugnae</i>, " entre de la place forte ", par
suite dun contresens ; Dinard (35), fortifi au xii<sup>e </sup>sicle
selon la <i>Chanson dAiquin</i>, est un probable <i>Din</i>, de mme que
Dinan (22), dont la motte est figure sur lillustre broderie de Bayeux. Le
radical <i>Bot</i>, en gallois " rsidence ", semble lquivalent
de " haie " et connat la mme volution smantique.
Dsignant initialement un site naturel, il prend ensuite le sens de
" demeure du propritaire dun domaine rural ",
protge par des dfenses vgtales, avant dtre remplac lpoque
romane par le mot " quinquis " : le plus ancien <i>bot</i>
connu remonte 832, avec l<i>aula Botnumel</i>, en Priziac (56).
Apparaissant en Bretagne seulement au ix<sup>e</sup> sicle grce au
cartulaire de Redon, le prfixe <i>Caer</i> y dsigne alors un
" lieu fortifi ". Plouguer, en Carhaix-Plouguer (29), est
la <i>ploue</i> du <i>caer</i>, une trs ancienne paroisse succdant la
ville antique. <i>Caer</i> volue en <i>ker</i>,
" village ", " hameau ",
" maison ", et remplace <i>bot</i>. Le vieux breton <i>lis</i>,
<i>les</i> ou <i>lez</i> en moyen breton, signifie " rsidence
seigneuriale ", " cour de justice ", avec le sens
figur de " puissance dun prince " ; synonyme de <i>villa</i>
ou de <i>aula</i> au ix<sup>e</sup> sicle, il est associ dans 9 cas sur 20
un toponyme vgtal voquant un dfrichement, parfois galement avec un
nom dhomme ou un terme topographique, ainsi en 844 Lisros, en Mdrac (35).
<i>Lisnouuid</i> en Carentoir (56) et <i>Lesnouueth</i> en Pleucadeuc (56)
taient en 826 des " cours neuves ", la <i>villa Renhenlis</i>
de Ruffiac (56) dsignant en 846 une " vieille cour ". Rien
ne transparat de la ralit archologique de ces <i>lis </i>: Leslouch,
en Ploudern (29) ou Lezkelen, en Plabennec (29), sont des mottes postrieures
au x<sup>e</sup> sicle.</font><b><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a></font>
</b></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Les Vies de saints">Les Vies de saints</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"></b><font face="Comic Sans MS" size="3">Souvent tardives et fournissant davantage dinformations
sur lpoque de rdaction des Vies que sur leurs hros, ce titre
frquemment dcevants pour le haut Moyen ge, les documents hagiographiques
ne peuvent tre ngligs, mme si les termes mentionnant des rsidences
emploient des clichs davantage strotyps que descriptifs. La Vie de Ronan
(fin xii<sup>e</sup> sicle) voque l<i>aula</i> de Gradlon o se rendit
le saint, soit Quimper, comme dans la Vie contemporaine de saint Corentin, et
dont rien ne subsiste, soit Locronan o elle serait le " Camp des
Salles " ; l<i>aula</i> soi-disant donne par Riwal saint
Brieuc, selon sa Vie du xi<sup>e</sup> sicle, est assimilable Licellion, en
Hillion (22), toponyme dont la forme en <i>Lis</i>- indiquerait peut-tre une
fortification. <i>Domus</i> se rencontre dans la Vie de saint Judical avant
1024, propos de la rsidence dAusoch sise en Trflez (29), galement
pour celle de Conomore dans la Vie de saint Goueznou sa datation fait lobjet
de polmiques ardentes en Gouesnou (29), peut-tre en ralit le lieu
des montres des seigneurs de Lon.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Chroniques et rcits militaires">Chroniques et rcits militaires</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"></b><font face="Comic Sans MS" size="3">Selon les <i>Annales Regni Francorum</i>, en 786, Audulf,
snchal de Charlemagne, et son arme, " soumirent beaucoup de
Bretons avec leurs chteaux et leurs forteresses dfendus par des marais ou
par des rocs escarps ", ce qui nimplique pas ncessairement que
toutes les fortifications bretonnes taient obligatoirement implantes en ces
lieux naturellement protgs, puisque le cartulaire de Redon voque peu
prs la mme poque plusieurs rsidences de plaine. Le <i>Pome en lhonneur
de Louis le Pieux</i>, dErmold le Noir, relatant la campagne de 818, ne
constitue pas une source digne de foi, et est dun faible intrt
documentaire pour lhistoire militaire. La rsidence du roi Morvan est ainsi
dcrite : " Au milieu des forts, entour dun fleuve,
retranch derrire les haies, les fosss, les marcages, la demeure royale
brille de lclat des armes et contient une garde de soldats
nombreux ". Ermold utilise galement le terme <i>arx</i> pour
dsigner le " palais ", dont la localisation prcise nest
pas dtermine, mme sil tait probablement proche de Priziac, lieu o lempereur
avait son camp, <i>castrum</i>, et o il reut, Matmonoc, abb de
Landvennec : prs de Kervenah, en Priziac, furent mis au jour 1000 ou
2000 deniers frapps sous Charles le Chauve, numraire postrieur aux combats
impliquant probablement quune fortification continua fonctionner, ce que
confirme lassimilation de l<i>aula qu dicitur Botnumel</i> de Nomino
(832) Bonnevel. En 825, lAstronome crivit que Wihomarch fut
assassin dans son " chteau ", <i>domus</i>.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Les textes juridiques">Les textes juridiques</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"></b><font face="Comic Sans MS" size="3">Le statut des lieux de pouvoir et des territoires quils
contrlent napparat pas nettement au travers des cartulaires :
espaces de reprsentation o se rend la justice et o se droulent les actes
de la vie officielle, ils sont galement des demeures prives pour les <i>mactierns</i>
et pour le souverain, qui circule dune <i>aula</i> lautre. On ne peut
mettre en quivalence une <i>aula</i> avec une <i>vicaria</i>, la fonction
mme de cette circonscription prtant discussion ; remplaant la
centaine en conservant ses attributions juridiques et administratives, elle
prend une signification militaire avant dvoluer partir de la seconde
moiti du x<sup>e</sup> sicle en <i>vicaria castri</i>. On compte environ 25 <i>vicariae</i>
partir du milieu du ix<sup>e</sup> sicle et jusquau premier tiers du
sicle suivant.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Le cartulaire de Redon mentionne environ 35 rsidences,
souvent un simple nom quasiment impossible localiser, mme dans le
territoire dune paroisse dment identifie :ainsi l<i>aula</i>
donne par Salomon Redon se trouvait <i>in plebe que vocatur Laan</i>,
aujourdhui Maxent (35), mais les fosss du Pr Louais, proches de lglise
des annes 860, ne sont pas ceux dune fortification du ix<sup>e</sup>
sicle. Les textes ne donnent pratiquement aucun renseignement sur les
dfenses artificielles, talus et foss ; les termes drivs de <i>fossa</i>,
avec les qualificatifs <i>magna</i>, <i>maxima</i> ou <i>nova</i>, quivalent
aux modernes " kleuziou " ou
" fosss ", cest--dire un ensemble constitu par
un talus et un foss, limites avant tout juridiques marquant une appropriation.
<i>Domus</i>, synonyme en 844 de <i>lis</i> <i>Lisuison</i>, en Augan (56),
signifie la plupart du temps simplement " maison ", mais quelle
tait le statut de la <i>domus</i> de <i>Lansent</i>, probable Lanzent, en
Plonvez-Porzay (29), appartenant lchanson de Gradlon ? Bien que
le curieux acte du cartulaire de Landvennec qui la mentionne soit
indubitablement un faux, notons la dcouverte en ce lieu dun pot
relativement proche dun exemplaire mis au jour dans la grande salle de la
rsidence aristocratique de Locronan.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Larchologie">Larchologie</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a name="Sites rejets">Sites rejets</a></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"></b><font face="Comic Sans MS" size="3">La littrature archologique, depuis au moins les
" antiquaires ", mentionne des
" palais " de tel chef ou roi, alors que ni les sources
documentaires ni la toponymie ni aucun tmoignage matriel ne permettent de
valider de telles affirmations. Nous croyons donc faire uvre utile en
liminant quelques-unes de ces soi-disant rsidences (la liste en est longue),
par exemple le " Camp des Routs ", en Mohon (56),
considr par Arthur de La Borderie comme le lieu du sjour de Judical dans
le premier tiers du vi<sup>e</sup> sicle : bien que la paroisse soit
atteste comme le sige dune <i>vicaria</i> avant 1032, et que Salomon
effectue une donation dans la <i>plebe Moton</i> en 872, rien nautorise
faire remonter les imposants vestiges terroys de Bodieuc avant le Moyen ge
central. De mme, lenclos circulaire du " Gu de Pllan ",
en Pllan-le-Grand (35), <i>vicaria</i> atteste en 843, galement attribu
par la tradition locale au dernier souverain breton, ne saurait avoir de rapport
avec lui ; il en va de mme pour le chteau de Boutavant, en Iffendic
(35), avanc comme lune des " rsidences favorites " et
de Judical et de Salomon, mais dont les plus anciens vestiges ne remontent
probablement pas avant la fin du xii<sup>e</sup> sicle.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Botalec en Landvant (56)">Botalec en Landvant (56)</a></font></p>
</b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Une enceinte ovode circulaire de 120 150 m daxes,
dlimite par un talus natteignant pas 1 m de hauteur et un talus large de
5 10 m, englobe des lments de granite vitrifi ; des mesures dge
par le radiocarbone et la thermoluminescence ont fourni une datation des vii<sup>e</sup>-viii<sup>e</sup>
sicles. Le statut et la destination de cet enclos demeurent nigmatiques.</font></p>
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<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Montagne du Prieur, en Locronan">Montagne du Prieur, en Locronan</a></font></p>
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<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Nous ne reprendrons pas ici la description et lanalyse de
ces trois enclos juxtaposs et aligns sur 450 m, englobant une surface totale
de 3,5 ha. La fouille de lenclos suprieur, malencontreusement interrompue
aprs 1991, a mis au jour des btiments de diverses natures et fonctions
(probable <i>aula</i> publique et sa <i>camera</i> prive, chapelle, structures
en rapport avec la mtallurgie de lor), ainsi que du mobilier autorisant une
datation durant la seconde moiti du ix<sup>e</sup> sicle. En ltat
actuel de la question, nous sommes tents de voir en ces enceintes une
rsidence aristocratique ressortissant du pouvoir royal, mise mal par lirruption
des Scandinaves en Cornouaille au cours du premier tiers du x<sup>e</sup>
sicle.</font></p>
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<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Normands et Bretons">Normands et Bretons</a></font></p>
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<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Selon Rginon de Prm, durant lhiver de 874-875, Salomon
construisit des fortifications, <i>castra</i>, destines sopposer aux
Vikings. Sagissait-il dperons barrs, tel celui de <i>Castel Cran</i>,
en Pllauff (22) mentionn en 871 ? Ce nid daigle dominant le Blavet
possde plusieurs constructions en pierre voquant en fait le Moyen ge
central, ce que ne dmentit pas le mobilier mis au jour au xix<sup>e</sup>
sicle. Dautres sites de hauteur stratgiques occups depuis la
protohistoire et surveillant des voies deau paraissent de meilleurs
candidats, ainsi au-dessus de lIsac Chteauc, en Pless (44), lorigine
du nom de cette paroisse : attest en 903 comme une rsidence du duc
Alain le Grand, le promontoire abritait une chapelle dallure romane autour de
laquelle furent dcouvertes des spultures remontant apparemment lpoque
mrovingienne. Il en va de mme pour <i>Castellum Reus</i>, Rieux (56), proche
dun gu sur la Vilaine, o Alain le Grand rsidait dans les annes
888-895 : dans le chteau mdival a t trouve une pendeloque
anthropomorphe attribuable lintervalle vi<sup>e</sup>-viii<sup>e</sup>
sicle.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Les combats lis la reconqute des Bretons sur les
Vikings ont laiss des traces archologiques dimportance ingale. Le
complexe enclos de lanse de Vigneux, en Saint-Suliac-sur-Rance (35), a t
assimil au <i>Gardaine</i> de la romane <i>Chanson dAiquin</i>, et partant
interprt comme une fortification destine surveiller la Rance au x<sup>e</sup>
sicle ; cependant nous prfrons y voir, jusqu preuve du
contraire, une structure en rapport avec le fleuve, peut-tre une importante
pcherie mdivale. De mme, il subsiste des doutes quant lidentification
dun <i>castellum</i> dtruit par les Bretons en 939, aux dires de Flodoard,
avec deux enclos de Trans (35), dont et la datation et la fonction restent
affiner. Si la bataille de Plourivo (22) est ranger aux oubliettes de lhistoire,
il parat plausible que le camp de Pran, en Pldran (22), ait t le
thtre doprations militaires en rapport avec le retour dAlain
Barbetorte sur le continent : cette enceinte circulaire fut vitrifie par
un violent incendie allum en 915 <u>+</u> 20 ans, datation confirme par le
mobilier vari dont certains lments sont proches de ceux mis au jour dans
la barque ayant servi lincinration dun viking dans lle de Groix
(56), au cours de la seconde moiti du x<sup>e</sup> sicle.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Bien plus tard, soi-disant en 1037 (mais lacte du
cartulaire de Redon est un faux forg dans le but de sopposer Quimperl
au sujet de la possession de Belle-le), est voque la partition de la
presqule du Plec, en Locoal-Mendon (56) : Gurki, <i>vir ferus, genere
Normannus</i>, retint pour lui lextrmit du promontoire, se retranchant
derrire un talus et un foss, <i>partem insule quam vallo et fossato ab alia
parte insule divisit, quamdiu viveret, retiniuit</i>. Ainsi se poursuivait un
mode de fortification employ trs anciennement, et qui aura encore un bel
avenir durant le Moyen ge central : les mottes installes en position de
barrage, lendroit de le plus faible de la dfense, sur des sites
naturellement protgs, paraissent les plus anciennes de ce type de lieu
symbolique du pouvoir, ainsi celles de Kermorvan, au Conquet (29), remplace
par un blockhaus de la Deuxime Guerre mondiale, du Moulin du Folgot, en
Ploudaniel (29), de Villavran, en Louvign-du-Dsert, et de Coh-Castel, en
Sauzon (56), attribue aux Vikings lors de sa fouille en 1939. Quelques
carottages effectus sans fouille dans des mottes ont permis des datations
radiocarbone voisines de 1000 ad, comme La Prvotais, en Taden (22) ou
Plouasne (22). Elles sont donc contemporaines des premires chtellenies
attestes par les textes, mais dont aucun reste archologique, du moins jusqu
prsent, ne semble appartenir cette poque ; la suite est une autre
histoire</font><b><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a></font></b></p>
<p ALIGN="RIGHT"><font face="Comic Sans MS" size="3">Philippe Guigon</font></p>
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<p ALIGN="RIGHT"><font face="Comic Sans MS" size="3">(confrence du 15 mars 2003 Lorient)</font></p>
<p ALIGN="RIGHT"> </p>
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<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3"><a href="#. Hdp"><img border="0" src="images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a>
<a name="Bibliographie">Bibliographie</a></font></p>
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<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Philippe Guigon, <i>Les fortifications du haut Moyen ge en
Bretagne</i>, Rennes, ICB/Ass. Trav. Lab. Anthropologie/CERAA, 1997.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font face="Comic Sans MS" size="3">Pierre-Roland Giot, Philippe Guigon, Bernard Merdrignac, <i>Les
Premiers Bretons dArmorique</i>, Rennes, Presses universitaires de Rennes,
2003.</font></p>
</blockquote>
<p> <!--mstheme--></font></td>
</tr>
</table><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
</center>
</div>
</b><!--mstheme--></font></body>
</html>