Fichier "Pichot_Robert_d_Arbrissel.htm"
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<title>Robert d'Arbrissel, un ermite dans la socit</title>
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<u><font FACE="CG Times (W1)"></font></u><b><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="5">
<div align="center">
<center>
<!--mstheme--></font><table border="0" cellpadding="3" width="80%">
<tr>
<font SIZE="2">
<td width="52%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<p align="right"><!--mstheme--></font></td>
</font>
<td width="31%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<p align="right"><a href="javascript:history.go(-1)" name="dar guer"><span style="background-color: #FFFFCC"><font size="1"><b>Page
prcdente</b></font></span></a><!--mstheme--></font></td>
<font FACE="CG Times (W1)" SIZE="5"><b>
<td width="7%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><u><b><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="../index.htm" target="_top"><font size="1">Accueil</font></a></span></b></u><!--mstheme--></font></td>
<td width="10%" align="right"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><u><b><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="Plan_du_site.htm" target="_parent"><font size="1">Plan
du site</font></a></span></b></u><!--mstheme--></font></td>
</b></font>
</tr>
</table><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
</center>
</div>
<p ALIGN="CENTER">ROBERT D'ARBRISSEL,</p>
<p ALIGN="CENTER">UN ERMITE DANS LA SOCIETE</p>
</font></b><font FACE="CG Times (W1)"><b>
<p> </p>
<div align="center">
<center>
<!--mstheme--></font><table border="0" cellspacing="1" width="80%" style="text-indent: 20">
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="CG Times (W1)"></font></b><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="JUSTIFY">Titre paradoxal pour un homme qui l'tait au plus haut
point. Conjuguer une vritable vocation rmitique, ce qui suppose la
fuite du monde la plus radicale pour mener dans le dsert une vie de
prire et d'austrit et une implication dans la vie et les problmes
de la socit, susciter l'enthousiasme des foules et dranger,
inquiter, perturber, telle est la vie de Robert. Ce personnage de la fin
du XIe sicle et du dbut du XIIe fut une des figures les plus connues
du mouvement rmitique qui se dveloppa alors dans l'ouest de la
France.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Nous avons la chance de possder sur lui un dossier
documentaire finalement assez tendu. Subsistent deux Vitae, c'est
dire deux rcits hagiographiques dont les buts d'dification
n'empchent pas de dcouvrir le personnage. Cette situation est dj
quelque peu exceptionnelle mais de faon inattendue, un historien, J.
Dalarun a retrouv rcemment la fin de la deuxime Vita
vraisemblablement censure depuis le XIIe sicle. A cela s'ajoutent une
lettre de Robert la duchesse de Bretagne et plusieurs adresses
lui-mme par de grands dignitaires de l'Eglise souvent inquiets pour ne
pas dire critiques ainsi qu'un certain nombre de chartes et des passages
de chroniques et histoires. Novateur et drangeant, Robert nous rvle
les tensions d'une socit et l'mergence d'une nouvelle vision
religieuse. Faut-il ajouter que les historiens n'y sont pas rests
insensibles et que les interprtations sont multiples ?</font><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<p><font FACE="CG Times (W1)">UN REFORMATEUR RELIGIEUX</font><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Robert nat vers 1045, Arbrissel, petit village de
haute Bretagne, prs de la Guerche. C'est le fils du cur de la
paroisse, situation frquente dans une Bretagne qui n'a pas encore connu
la rforme grgorienne. Logiquement, il prend la succession de son pre
et se marie sans doute, devenant nicolate, ce qu'il se reprochera trs
violemment et trs constamment par la suite et qui expliquera plus d'un
trait de sa dmarche religieuse. Il s'accusera aussi de simonie pour
avoir favoris l'accession au trne piscopal de Rennes
vraisemblablement de Sylvestre de la Guerche, guerrier inculte qui sera
dpos par le lgat. A cette poque, il part Paris et reprend ses
tudes (1073-1095), il connat alors au contact des ides grgoriennes
une conversion radicale. Sa vie bascule, il prend conscience de sa vie de
pcheur, intriorise sa culpabilit, prfigurant ainsi une forme
moderne du sentiment religieux, la conscience. La Vita rdige par
Baudri de Bourgueil a du mal traduire cette crise de conscience : Il y
avait en lui comme une sorte de conflit, un rugissement de l'me, un
sanglot du plus profond de son tre.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Ce converti devient archidiacre de Sylvestre de la
Guerche rtabli dans sa fonction. Vritable bras droit de l'vque, il
mne avec une grande vigueur une action de type grgorien qui lui
aline bien des gens si bien qu' la mort de son protecteur, il doit
fuir Angers.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Poussant alors la logique de sa dmarche son
accomplissement, il va au dsert, c'est dire la fort, selon une
pratique qui se gnralise dans l'Ouest. Bernard de Tiron, Vital de
Savigny et beaucoup d'autres moins connus y mnent une vie d'austrit
et de prire. Le cartulaire de l'abbaye de la Ro rvle un groupe de
six clercs dont Robert qui vivent en une communaut sans doute assez
informelle dans la fort de Craon en Anjou mais tout prs d'Arbrissel.
L'asctisme est sans concession : L, combien de rigueurs inhumaines
se livra-t-il contre lui ? Par combien de mortifications se tourmenta-t-il
? Par combien d'effrayantes cruauts s'puisa-t-il ? ... A ct de
choses extrieures comme porter un cilice en poil de porc, se raser sans
eau, ne gure connatre que la terre comme lit, ignorer compltement le
vin et les nourritures somptueuses et grasses, ne prendre que rarement un
sommeil court contraint par la faiblesse du corps ... Cette vie se
droule dans une modeste cabane installe dans une petite clairire qui
fournit quelques lgumes ou fruits que compltent les produits de la
fort.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Un minimum d'organisation n'est pas exclu. Les trois
grands ermites, Bernard, Vital et Robert sont dsigns comme Matres,
se rencontrent, contrlent et coordonnent quelque peu. Cependant la vie
rmitique chappe aux cadres habituels d'o les mises en garde des
vques comme Marbode de Rennes et sans doute Yves de Chartres. Les
risques de drive ne sont pas exclus.</font><b><u></u></b><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="JUSTIFY">Le succs va modifier l'exprience. Le personnage
intrigue et attire. On vient le voir, le consulter et certains restent.
L'ermite se retrouve de moins en moins seul. Peu peu le groupe informel
s'toffe et prouve le besoin d'un dbut d'organisation. Le phnomne
est progressif et prend un virage sans doute dcisif quand le pape Urbain
II confirme Angers la donation par le seigneur de Craon du bois de la
Ro pour que s'tablisse une communaut de chanoines autour d'une
glise et obissant la rgle de Saint Augustin. Il ne s'agit pas
encore d'une abbaye mais la marche vers le cnobitisme sera progressive.
Le premier abb ne sera dsign que vers 1102-1105, Quintin, un des six
premiers ermites. Robert n'tant que le pre ou le pasteur ne reut
sans doute pas le titre abbatial. Il a donn l'lan, a permis le
dveloppement d'une vie religieuse diffrente grce la souplesse de
la rgle adopte. Il reste en retrait ou plutt s'en va, appel de la
solitude ? de la prdication ? de toute faon, ce n'est pas un homme
d'organisation.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">En 1096, le pape lui donne mission de prcher et il va
porter une parole de rforme dans tout l'Ouest. L'rmitisme est un
idal, un moment dans la vie de Robert. Tous s'accordent louer son
sens de la parole. Il captive les foules par un discours simple et direct
nourri des Ecritures comme l'analyse J. Dalarun dans la relation du
miracle de Menat. Marbode de Rennes nous livre une description haute en
couleur : Comment peux-tu te prsenter au peuple avec un habit dchir,
montrant ta chair meurtrie par le cilice, un manteau trou, des jambes
demi nues, la barbe hirsute et les cheveux coups sur le front, nu-pieds
? Tu offres alors ceux qui te regardent un spectacle tel qu'on te prend
pour un fou (traduction G. Devailly). Une foule compacte et htroclite
s'agglutine derrire lui : pauvres, marginaux, prostitues et grandes
dames sont conquis par son charisme et la fougue de sa parole, ce qui ne
va pas sans inquiter un Marbode qui lui est favorable certes, mais
aimerait bien qu'il gomme les aspects les plus excentriques.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">L'afflux des disciples ne tarde pas recrer la
mme situation que dans la fort de Craon et, pour stabiliser cette
foule, Robert choisit un lieu aux confins du Poitou, Fontevraud. L
s'organise une vie communautaire de pauvret, de pnitence et de travail
sous la direction du Matre. Si les aspects les plus excessifs qu'on lui
reprochait s'attnuent, Fontevraud n'en prsente pas moins une grande
originalit. Le monastre est double, hommes et femmes spars vivent
sur le mme lieu. Les femmes mnent une vie contemplative tandis que les
hommes accordent plus de place au travail, les clercs cependant, ayant une
fonction de prire plus marque. Des btiments en dur s'lvent, peu
peu Fontevraud apparat comme un complexe comprenant le Grand
Monastre et la Madeleine pour les femmes, Saint Jean pour les Hommes et
Saint Lazare pour les lpreux, le tout tant confi la direction
d'une femme, Ptronille de Chemill. Robert, tout en se souciant de sa
communaut qui prospre et essaime, continue ses tournes de
prdication et court les routes jusqu'au bout de ses forces. Il meurt,
fort avanc en ge, dans le prieur berrichon d'Orsan, le 25 fvrier
1116. Son corps, ramen Fontevraud, est enseveli prs du grand autel
de l'abbatiale, mais malgr sa grande popularit, il ne sera jamais
canonis. L'homme qui disparat alors incarnait dans sa complexit les
problmes de la socit et de l'Eglise de son temps.</font><b><u></u></b><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2"> </font>
<p><font FACE="CG Times (W1)">UN NOVATEUR DANS LA VIE RELIGIEUSE</font><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<p><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">Il s'affirme d'abord comme un
grgorien et le restera toute sa vie. Archidiacre, il lutte avec zle
contre l'investiture laque, la simonie et le nicolasme mais ce thme
demeure prsent dans toute sa prdication postrieure. Il attaque avec
vigueur, comme les autres prdicateurs errants, les dfauts du clerg,
fustigeant son ignorance, son incapacit et son indignit morale. Il se
pose en contre exemple, vivant dans le clibat et mettant en oeuvre sa
culture pour prcher. Il est remarquer que la Ro sera une abbaye de
chanoines largement consacrs la desserte de paroisses. La violence de
sa parole va jusqu' dtourner les fidles de leurs pasteurs, qui
dsertent leurs offices et ngligent dme et casuel, ce qui apparat
Marbode comme une remise en cause inadmissible de l'ordre tabli.
Allait-il, comme certains, jusqu' poser la question de la validit des
sacrements donns par ce clerg indigne ?</font></p>
<p><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">Le rcit de cette vie situe le
problme pos. Son succs auprs de la foule tmoigne de l'cho que
rencontre sa dmarche religieuse. Celle-ci rpond aux interrogations de
son poque et sans nier tout ce qui le rattache la tradition
mdivale, on peut relever que Robert, tout en rvant de revenir la
primitive Eglise, fut profondment novateur.</font></p>
<p><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">Sa dmarche dpasse cependant le
cadre grgorien et affiche une spiritualit fort nouvelle. Son
exprience personnelle du pch, son intriorisation de la faute et sa
vision trs moderne de la responsabilit, annoncent des temps venir.
Il rpond par ailleurs certaines interrogations de son temps. L'essor
de l'Occident et de sa richesse, l'appesantissement du poids de la
seigneurie, posent de nouvelles questions et expliquent au moins en partie
certains des grands thmes religieux qui lui sont chers :</font><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%" style="margin-left: 30"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"> <font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="JUSTIFY"><font FACE="Symbol"></font> La pnitence : Robert se
veut d'abord un pnitent, il doit expier par lui-mme et sur lui-mme
une faute personnelle, d'o les rfrences constantes une dmarche
de pnitence fortement inspire des Pres du dsert. Il manifeste
comme les autres ermites une dvotion particulire envers la Madeleine,
identifie au Moyen Age comme Marie Madeleine, la pcheresse repentie.
Il ne s'agit pas d'une pnitence publique et tarife l'ancienne, mais
bien d'une pnitence personnelle.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font FACE="Symbol"></font> La pauvret : face au
monde de l'argent et de la puissance, Robert exprime un refus sans
concession, mettant en avant une conception conomique toute nouvelle de
la pauvret. Voulant suivre <i>nu le Christ nu</i> il ne peut accepter
les formes que prend l'Eglise de son temps en particulier le monde
monastique de Cluny.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font FACE="Symbol"></font> La Vie Apostolique et la
Primitive Eglise : comme toujours au Moyen Age, tout se rsume dans
l'idal d'un retour aux sources. Il faut vivre comme les Aptres,
prcher et grouper une communaut pauvre et unie. Ce rve des origines
trace en fait la voie aux Cisterciens et Saint Franois d'Assise.</font><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Une telle dmarche traduit la recherche d'une foi plus
personnelle, c'est le refus d'une vie religieuse extriorise et
formalise au profit de l'affirmation de la conscience et de l'individu,
c'est l'annonce d'une certaine modernit.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Cependant, s'il fuit le monde, l'ermite ne reste pas
indiffrent aux hommes et sa vie est marque par la tension entre le
dsert auquel il revient comme un idal et la prdication. Robert
accueille les foules o se pressent dans un mlange des plus
htroclites, marginaux de toutes sortes, laisss pour compte de
l'encadrement seigneurial, pauvres et prostitues. Certains ont vu en lui
un contestataire social, un agitateur. Mme si son discours comporte une
forte rsonance sociale, on ne peut le rduire cela. L'assise
religieuse de son discours reste permanente et s'il est suivi par des
victimes de l'volution de son temps, il l'est aussi par des dames de
l'aristocratie et il entretient de bonnes relations avec les vques et
les grandes familles seigneuriales qui savent se montrer gnreuses ;
enfin, Ptronille de Chemill n'est-elle pas de la famille de Craon ?
Nanmoins, la porte sociale du discours est indniable et certains
auditeurs ont pu le recevoir comme une contestation de l'ordre tabli, le
canal religieux tant alors le seul moyen pratiquement d'exprimer le
mcontentement. Sans le vouloir expressment, Robert a pu permettre
des contestations de s'exprimer et en les canalisant a aussi dsamorc
leur puissance d'opposition.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Il se montre enfin original par son attitude envers les
femmes. Michelet en a fait l'initiateur d'un rle nouveau de la femme. La
question s'avre plus complexe. Robert convertit beaucoup de
prostitues, mais il est aussi suivi de quantit de femmes plutt
abandonnes la suite de la mise en place du mariage monogame et
indissoluble qui s'instaure. Beaucoup ne sont que des pouses plus ou
moins lgitimes, des concubines rpudies, mais on trouve aussi des
femmes maries qui trouvent l un refuge pour oublier une condition mal
vcue.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">La femme s'inscrit aussi dans la dmarche
pnitentielle de Robert. Marqu par son sentiment de culpabilit, il
s'impose une preuve qui remonte la tradition des Pres du dsert.
Il vit et dort au milieu de ses disciples fminines pour mettre
l'preuve sa chastet provoquant les remarques de Marbode. En mme
temps, il impose une femme au gouvernement de l'ensemble de Fontevraud. La
femme est valorise, dans sa pense, elle n'est pas le pch et,
pcheresse, elle peut se repentir et recevoir le pardon de Dieu ;
cependant imposer aux frres de Fontevraud la direction d'une femme
constitue pour eux une forme d'ascse.</p>
<p ALIGN="JUSTIFY">Une telle pense explique les tensions que J. Dalarun
a bien mises en valeur en particulier dans les derniers moments de Robert.
La seconde <i>vita</i>, sans doute crite par un frre trs proche,
relate avec prcision les quelques mois qui prcdent sa mort. Elle
montre les divergences entre frres et religieuses, entre religieux et
lacs, en particulier en ce qui concerne le corps de Robert, future
relique. Aprs le dcs, ce corps sera ramen et enseveli
Fontevraud non pas dans le cimetire des moines comme le voulait Robert,
mais prs du grand autel de l'abbatiale, c'est dire dans la clture
ce qui interdisait tout plerinage, tout miracle. La rdaction d'une
deuxime <i>vita</i> serait due la demande de l'abbesse Ptronille,
insatisfaite du premier travail de Baudri mais ce second texte fut sans
doute amput de sa fin pour les mmes raisons. La communaut, en ce qui
concerne les religieuses, voluait alors vers des formes plus
traditionnelles, se spcialisant de plus en plus dans l'accueil de filles
de la noblesse. Le saint fondateur prsentait par ses aspects excessifs
bien des inconvnients. Cela explique au moins en partie que Robert ne
fut pas canonis, mme si la foule le reconnut comme tel. Il initiait
alors une forme nouvelle de la saintet, celle-ci n'tait pas lie aux
origines du personnage, le prdestinant en quelque sorte cette fin,
mais elle tait le fruit d'une dmarche personnelle, exigeante et
volontaire.</font><b><u></u></b><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
<p><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">Ainsi apparat l'ermite sans doute
le plus clbre du XIIe sicle dans l'Ouest. Personnage quelque peu
extravagant et excessif dans son exigence, profondment mdival mais
aussi promoteur de la modernit par la place qu'il accorde la
conscience, l'individu, la femme. Il exprime bien les contradictions
et les tensions de son poque et en cherchant la solitude, il embrassa la
socit de son temps.</font><!--mstheme--></font></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="CG Times (W1)">
<p ALIGN="RIGHT"> </p>
<p ALIGN="RIGHT">Daniel Pichot</p>
</font><i><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="RIGHT">Professeur d'Histoire Mdivale</p>
<p ALIGN="RIGHT"> l'Universit de Rennes 2</p>
</font></i><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2"><i>
<p ALIGN="RIGHT">Confrence S.A.H.P.L. du 4 juin 1996</p>
</i>
<p ALIGN="JUSTIFY">Ce travail doit beaucoup aux ouvrages de J. Dalarun :</p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font FACE="Wingdings">w</font> "L'impossible
saintet, la vie retrouve de Robert d'Arbrissel (v. 1045-1116),
fondateur de Fontevraud"</p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font FACE="Wingdings">w</font> "Robert d'Arbrissel,
fondateur de Fontevraud"<a href="#dar guer"><img border="0" src="../SITE_SAHPL/images/Dar_ger.gif" align="right" width="13" height="13"></a></p>
</font><b><u>
</u></b><!--mstheme--></font></td>
</tr>
</table><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica">
</center>
</div>
</font><font FACE="CG Times (W1)">
<p> </p>
</font><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
</font><font FACE="CG Times (W1)" SIZE="2">
<p ALIGN="RIGHT"> </p>
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<!--mstheme--></font></body>
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