Fichier "Paulet_Waroc_D_Paulet.htm"
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<meta name="description" content="Histoire et lgende propos de Waroc, seul breton dont un pays porte le nom">
<title>NOTICE SUR WAROC</title>
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<div align="center">
<table border="0" cellpadding="3" width="800">
<tr>
<font SIZE="2" FACE="CG Times (W1)">
<td width="52%" align="right">
<p align="left">Bulletin n31 - 2002-2003, p. 39</td>
</font>
<center>
<td width="26%" align="right">
<p align="right"><a href="javascript:history.go(-1)" name="dar guer"><span style="background-color: #FFFFCC"><font face="CG Times (W1)" size="2">Page
prcdente</font></span></a></td>
<td width="10%" align="right"><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="../index.htm" target="_top"><font face="CG Times (W1)" size="2">Accueil</font></a></span></td>
<td width="12%" align="right"><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="Plan_du_site.htm" target="_parent"><font face="CG Times (W1)" size="2">Plan
du site</font></a></span></td>
</tr>
</table>
</center>
</div>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<b>
<p ALIGN="CENTER"><font size="5">NOTICE SUR WAROC</font></p>
<font SIZE="1">
<p ALIGN="CENTER"> </p>
</font></b>
<p ALIGN="CENTER"><b><font size="3">Dominique PAULET</font></b></p>
<i>
<p ALIGN="CENTER"><font size="3">Kerulv - Lorient</font></p>
</i>
<div align="center">
<center>
<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="40%">
<tr>
<td width="50%"></td>
<td width="50%"></td>
</tr>
<tr>
<td width="50%"></td>
<td width="50%"></td>
</tr>
<tr>
<td width="50%"></td>
<td width="50%"></td>
</tr>
<tr>
<td width="50%"></td>
<td width="50%"></td>
</tr>
</table>
</center>
</div>
<div align="center">
<center>
<table border="0" cellspacing="0" width="800">
<tr>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3"> <i>Cependant Chanao, comte des
Bretons, avait tu trois de ses frres. Voulant aussi tuer Macliau, il le
tenait en prison li et charg de chanes. Celui-ci fut sauv par Flix,
vque de Nantes. Aprs quoi il jura fidlit son frre, mais il
voulut rompre son serment je ne sais dans quelle occasion. Chanao, le sachant,
le poursuivit de nouveau. Macliau, voyant quil ne pouvait se sauver, senfuit
auprs dun autre comte de cette rgion du nom de Conomor. Celui-ci,
pressentant lapproche de ses poursuivants, le cacha sous terre dans un
caveau et, selon lusage, fit par dessus arranger un tumulus, lui rservant
un petit soupirail par lequel Macliau pt respirer. Les poursuivants
survenant, ils leur dirent : Voici : ici gt Macliau mort et
enterr钒. Ceux-ci entendant cette nouvelle se rjouissent et boivent
sur le tumulus lui-mme. Ils annoncrent alors au frre (Chanao) que
Macliau tait mort ; entendant cela, Chanao sempara de tout le
royaume... Macliau, surgissant de dessous terre, gagna la ville de Vannes et
l, tonsur, il fut ordonn vque...</i> </font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Ce texte, de la plume de Grgoire de Tours,
raconte des vnements qui se sont drouls au milieu du VI<sup>me</sup>
sicle. Grgoire ntait pas encore mtropolitain (archevque) ce
moment et rdige retardement, sur la base de renseignements de seconde
main provenant sans doute de Flix, un des acteurs de lpisode. Le point
de vue est celui dun Gallo-Franc qui na gure de sympathie pour les
Bretons. Leurs chefs sont appels comtes comme sils
dpendaient docilement des successeurs de Clovis, ce qui ce sicle est
pratiquement un abus de langage.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3"><u>Flix</u> de Nantes est lun de ces
grands vques qui sefforcent de compenser les drgulations du monde
mrovingien. Matre en sa cit, il en pousse lorganisation jusqu' des
travaux rectifiant les cours deau. Il btit une basilique aux chapiteaux
fleuris et au toit dtain. Noble dune ligne qui se comporte en
propritaire de son sige piscopal, il intervient en diplomate alentour
ainsi quon le voit ici.</font></p>
<u>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Chanao</font></u><font size="3"> prtend au
pouvoir sur tout le sud de lArmorique bretonne (Cornou). Il cherche
liminer la concurrence de ses proches et pratique lassassinat politique
la manire des Francs. A lpoque les princes de la Bretagne insulaire
se comportent aussi de cette faon, comme le rapporte le contemporain Gildas
dans son </font><i><font size="3">De Excidio Britanniae.</font></p>
</i><u>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Macliau</font></u><font size="3">, frre de
Chanao, est le pre de Waroc ( noter que Waroc se dit aussi Erec). La
chronique de Grgoire reparlera de Macliau lorsquil quittera son refuge
piscopal de Vannes. Pour linstant il est intronis dune manire
rgulire, romaine, puisque Flix veille, et non dans le seul cadre des
clercs bretons suivant une pratique qui sera interdite au concile de Tours
quinze ans plus tard.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">A limage du rle ambigu jou dans lpisode
par <u>Conomor</u>, ce personnage reste difficile cerner. Il dtient
vraisemblablement de lautorit sur une partie du nord de la pninsule (Domnone),
mais le vritable seigneur de toute cette rgion est Judual, lequel est en
exil la cour de Childebert. Samson de Dol, comme lindique sa biographie
ancienne, obtiendra du roi franc le retour de Judual.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">En Francie, Clotaire est en concurrence de
domination avec son frre Childebert. Chramne, fils de Clotaire, se fche
contre son pre et sallie son oncle Childebert ; celui-ci meurt en
558. Deux ans aprs, Clotaire pourchasse son propre fils.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Chramne, nous dit Grgoire de Tours, <b> </b><i>comme
il ne voyait plus de moyens dchapper, gagna la Bretagne et l auprs du
comte des Bretons Chonobro lui-mme, sa famille et ses filles se
cachrent... Cependant le roi Clotaire, frmissant de rage contre Chramne,
se dirigea contre lui en Bretagne avec une arme. Mais celui-ci ne craignit
pas de marcher contre son pre. Comme les deux armes taient rassembles
dans une mme plaine et que Chramne avec les Bretons avait rang la ligne de
bataille contre son pre, la nuit tombant, on arrta de combattre. Cette
mme nuit Chanao, comte des Bretons, dit Chramne : je pense quil
est injuste que tu doives marcher contre ton pre. Permets-moi cette nuit
mme que je lassaille et laccable avec toute son arme. Cela
Chramne, empch sans doute par un miracle de Dieu, ne le permit pas. Le
matin venu, les deux chefs, ayant mis en mouvement leurs armes, se htent
au combat. Le roi Clotaire allait comme un nouveau David pour combattre son
fils Absalon, pleurant et disant : regarde-moi Seigneur depuis le
Ciel et juge ma cause, car je supporte injustement les outrages de mon fils.
Regarde Seigneur et juge justement et porte ce jugement mme que tu
prononas entre Absalon et son pre David. On combattit cependant avec
une force gale. Le comte des Bretons tourna le dos et tomba. Alors Chramne senfuit ;
il avait des navires tout prs sur la mer. Mais il voulut librer sa femme
et ses filles et fut surpris par larme de son pre, captur et
enchan. Quand on eu annonc cela au roi Clotaire, il ordonna de le
brler avec sa femme et ses filles enferm dans la cabane dune pauvresse.
Chramne, tendu sur un banc, fut trangl avec un mouchoir et la cabane fut
mise en feu. Cest ainsi quil prit avec sa femme et ses filles.</i><b> </b></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Une scne dhorreur clt la bataille. En
fait la grande action militaire que Clotaire a lanc contre les Bretons ntait
pas seulement motive par le dsir de mettre fin la fugue de son fils. Lalliance
de Chanao (<i>alias</i> Chonobro) et de Chramne avait permis le regroupement dune
arme menaante qui procdait au pillage de nombreuses rgions, ainsi que
le rapporte Marius dAvenches, autre chroniqueur contemporain. Le roi de
tous les Francs se devait dy mettre de lordre et, du mme coup, tentait
de transformer la bonne entente entre les Bretons et feu Childebert en une
vritable mise sous tutelle.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">A nen pas douter, le jeune Waroc retient
les leons des affrontements de 560, notamment cette crainte des ennemis face
au combat nocturne ; il en tirera parti le jour venu.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Clotaire meurt un an plus tard. Les
Mrovingiens sont dsorganiss et ne menacent plus les Bretons. Sur place
Chanao a un hritier, Bodic, apparemment moins agressif que son
prdcesseur. Macliau nest plus contraint de sabriter sous la fonction
dvque de Vannes. Grgoire crit : <i>Chanao tant
mort, il </i>(Macliau)<i> apostasia et, ayant laiss pousser ses cheveux, il
reprit sa femme quil avait abandonne une fois clerc et avec elle le
royaume de son frre. Mais les vques lexcommunirent</i> ,
sans doute au cours dun concile.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">En ralit, comme le chroniqueur lexplique
ensuite, Bodic et Macliau se partagent la Cornou : au premier la partie
qui correspond lactuelle Cornouaille, au second le reste, cest--dire
essentiellement le pays de Vannes. La convention de partage est prolonge par
lengagement <i>que celui dentre eux qui survivrait dfendrait
les fils de lautre comme sils taient les siens</i> . Au moment
du serment de garantie rciproque envers leur progniture, Bodic a un fils
en bas ge, Theuderic ; la femme de Macliau donnera bientt naissance
un frre de Waroc, Jacob (la suite des vnements montre en effet que
Jacob est plus jeune que Waroc).</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Souvre une priode de paix dune
quinzaine dannes, durant laquelle Waroc se joint une pouse qui lui
donne au moins un fils, Canao ; ce nom recoupe celui du grand-pre
Chanao, selon une coutume ancestrale. Les autres enfants ventuels de Waroc
ne sont pas connus. Le rcit de la vie de S<sup>t</sup> Gildas par le moine
Vitalis, trs postrieur, voque Triphine, fille de Waroc ; mais il y
est rapport quelle devient lpouse de Conomor, ce qui est
chronologiquement impossible.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les hauts clercs entretiennent, semble-t-il,
de bonnes relations avec Waroc quils prfrent sans doute son pre en
disgrce religieuse. Des textes citent, peut-tre abusivement, de nombreux
saints rencontrs : Guenhal de Lanester (Vie
de St Guenhal), Gunthiern dAnaurot et Ninnoc de Ploemeur (Cartulaire de
Quimperl), etc. En fait la gnration des plus grands dentre eux, ceux
forms dans les illustres sminaires gallois, arrive son terme ;
parmi eux, Gildas et Samson. Les rnovateurs irlandais, tel Colomban,
apparatront plus tard. Waroc est vraisemblablement trop jeune, la mort de
Gildas, pour avoir eu la chance de le rencontrer. Cependant le monastre de
Rhuys prend vite de limportance et perptue linfluence de ses crits
o lon voit le sage fondateur critiquer la conduite des rois.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Samson a cr bien loin, Dol, une
abbaye si prestigieuse quelle aura prtention au titre de mtropole
ecclsiastique de Bretagne. Il se rend Paris, vers 563, pour participer
un concile. Sil na pas rencontr Waroc, il est rapport que son
associ Men sen est charg. Samson et Men sont apparents la
famille rgnante de Domnone, et ces contacts ont des rsonances
diplomatiques.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Le sige piscopal de Vannes a t
pourvu dun titulaire dobdience plus romaine que Macliau, Eunius.
Grgoire de Tours se complat dcrire un trait de caractre de lvque :
il est alcoolique. La situation politique de la ville de Vannes est complexe.
Le trouble est accentu par les voyages de comtes mrovingiens rfugis en
Bretagne lorsquils sont en disgrce, tel Leudast chass de Tours lpoque
de Sigebert.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Il est probable que les responsabilits de
Waroc dans des tournes travers le pays saccroissent au fur et
mesure que son pre vieillit, et quil recrute au passage des immigrants
bretons pour constituer son arme. Les historiens saccordent pour
constater quil reste une trace du fonctionnement des lgions romaines dans
les bataillons bretons : plus de souplesse tactique que dans linfanterie
franque et moins de dsordre individualis quau temps des Gaulois</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">En 575 Sigebert est assassin de la main de
tueurs gages commandits par Frdgonde. Son poux Chilpric devient
alors un dangereux voisin, ayant en principe la Bretagne en tutelle.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Macliau et Bodic staient fait le
serment de protger mutuellement leurs fils. Bodic meurt le premier.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Bodic mort, que devient son fils Theuderic ?
Grgoire nous le raconte, pour ainsi dire en direct puisquil est
maintenant en poste officiel Tours : <i>Macliau, oublieux de
son serment, le chassa de sa patrie et prit le royaume de son pre. Theuderic
fut longtemps fugitif et errant. Dieu ayant eu piti de lui, il rassembla des
hommes de Bretagne, se jeta sur Macliau, le tua de lpe avec son fils
Jacob et remit sous son pouvoir la partie du royaume quavait autrefois
possde son pre. Lautre partie, cependant, Waroc fils de Macliau se lassura. </i></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Il est douteux que Waroc sassocie ce
conflit car larme quil dirige, capable environ deux ans plus tard de
bloquer une invasion franque, aurait vit son pre dtre mis en
droute par Theuderic. Celui-ci, selon certains, aurait t chercher des
renforts en Bretagne insulaire. Dautre part une lgende complexe relate la
vie de saint Mlar, jeune hritier de Cornouaille mchamment occis ;
il est fort probable que le souvenir de ce meurtre ait sa source dans celui de
Jacob, ce qui justifie le jeune ge attribu ce dernier. Que ce soit lissue
dune embuscade ou lors dune bataille range, la mort violente de
Macliau et de Jacob clarifie le paysage politique de lArmorique
mridionale.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Waroc ne cherche pas son tour
poursuivre Theuderic, meurtrier de son pre. Il se contente dun <i>modus
vivendi</i> et sassure, comme le dit le chroniqueur, du pays vannetais qui
portera son nom et dont il est maintenant le roi .</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La Francie est en perptuel remous dhritages.
Chilpric a fort faire contre son frre Gontran qui sest
momentanment alli au fils de Sigebert. Les troupes quil a leves avec
difficult ne sont pas de taille contre cette alliance. Il les dirige alors
vers les Bretons.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Grgoire de Tours sintresse cette
expdition quil situe en 578 : <i>Les Tourangeaux, les
Poitevins, les gens de Bayeux , les Manceaux et les Angevins, avec
beaucoup dautres, allrent en Bretagne sur lordre du roi Chilpric et
stablirent prs de la Vilaine contre Waroc fils de Macliau. Mais
celui-ci par ruse, de nuit, se ruant sur les Saxons de Bayeux, tua la majeure
partie dentre eux. </i></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les Francs napprcient pas les combats
nocturnes, on la vu propos de la bataille de 560. De dpit, ils
appellent ruse une action de commando russie. Les Francs sont
dcontenancs ; surpris dune telle pugnacit, ils nont pas le
courage daller plus loin. Aprs trois jours de palabres, Waroc, <i>faisant
la paix avec les gnraux du roi Chilpric et donnant son fils en otage,
promit par serment quil serait fidle au roi Chilpric. Il rendit aussi
Vannes sous cette condition que sil obtenait de la gouverner par lordre
du roi, les tributs et tout ce qui tait d par cette ville, sans attendre
aucune sommation, il les paierait. Ceci fait, larme fut retire de ces
rgions.</i> </font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">A part le mot serment ,
peut-tre transmis abusivement par les gnraux mrovingiens pour
valoriser le rsultat de leur action, laccord est ambigu : il semble
conditionner le versement dun tribut une future dlgation formelle de
pouvoir. Il est question de la ville de Vannes, sans considration des
campagnes avoisinantes aux mains des Bretons. Lenjeu est bien le pouvoir de
Waroc sur la cit elle-mme. La question ne semble pas entirement
rgle.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">De quels moyens dispose Waroc pour clarifier
sa situation auprs des puissants voisins, pour faire admettre sa
souverainet, donc chapper au tribut ? A Vannes, il sen ouvre lvque
Eunius. Il est dusage que les prlats sinterposent entre les grands de
ce monde pour adoucir les situations pineuses. Eunius accepte de se rendre
la cour de Chilpric et dy reprsenter Waroc. Sa mission est sans
doute dobtenir un retour en arrire sur lengagement de fidlit, de
le rduire une simple promesse de bon voisinage. Grgoire de Tours
rapporte cette ambassade et note la raction pidermique de
Chilpric : <i>celui-ci, furieux, le fit condamner lexil
aprs lavoir tanc fortement</i> . Eunius, ventuellement pris de
boisson, a manqu de la moindre subtilit qui lui aurait vit de passer
pour coupable alors quil nest quintermdiaire. La sanction quimpose
Chilpric est trs contraignante, la plus svre aprs la peine de mort
en un temps o lemprisonnement nest gure pratiqu. Lanne
suivante, <i> Eunius, rappel dexil, est envoy Angers pour y
vivre, mais il ne lui est pas permis de retourner dans la cit de Vannes</i><b> </b>.
Cette phrase laisse supposer des tractations dlicates entre le
mtropolitain Grgoire lui-mme et les frres Chilpric et Gontran qui
sont revenus en bonne intelligence.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Dans lEglise un vque reste attach
son sige territorial, depuis les prcisions apportes ce sujet par
le concile de Chalcdoine en 451. Eunius ne peut donc tre remplac. Vannes
a t prive de titulaire aprs la dmission de Macliau, la voil
vacante nouveau par lassignation rsidence lointaine de son pasteur.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Pour anticiper sur ce sujet relativement
la priode qui va suivre, les traces historiques manquent. On ne sait si
Eunius a retrouv un jour sa place dans la vieille cit vnte. Quelques
annes plus tard lvque en titre se nomme Regalis. Cest un homme dune
toute autre trempe. Il ne cherche pas collaborer avec Waroc qui, pourtant,
a su sentendre avec son prdcesseur. Regalis se considre, dira-t-il
lui-mme, comme prisonnier des Bretons.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lanne qui suit laffrontement de la
Vilaine est mouvemente. Grgoire lvoque deux reprises :</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3"> <i>Les Bretons cependant ravagrent
la rgion de Rennes par lincendie, le butin enlev, les captifs emmens.
Tout en combattant, ils savancrent jusqu' Cornutium vicum </i>(Corps
Nuds)</font><i><font size="3">... Le dux Beppolne est dirig
contre les Bretons et dvaste quelques lieux par le fer et lincendie... </font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3"> Cette anne-l </font></i><font size="3">(579)<i>
les Bretons furent trs malfaisants autour des villes de Nantes et de Rennes.
Emmenant un butin immense, ils courent par les champs ; ils dpouillent
les vignes de leurs fruits ; ils emmnent des captifs. Comme Flix,
vque de Nantes, leur avait envoy une dputation, ils promirent de
rparer le mal, mais ils ne voulurent en rien tenir leurs promesses</i>. </font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Notre chroniqueur est plus lyrique propos
des dgts commis par les Bretons quau sujet des ravages causs par lexpdition
confie Beppolne. Malgr ses prventions, il juge les uns malfaisants
et les autres dvastateurs, ce qui laisse supposer une plus grande cruaut
de la part des Francs.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">On reconnat deux campagnes
diffrentes : la premire au printemps vers Rennes, sans doute en
coordination avec des lments venant de Domnone, la seconde lautomne
vers Nantes. Waroc a peut-tre senti le besoin de tter dabord le terrain
du cot de la cit quil connat le moins. Le but de ces campagnes
pourrait tre lintimidation mais, par leur ampleur, elles ressemblent
davantage une provocation ou un accs de rage aprs lchec de la
mission dEunius. Les expditions interviennent loin dans les terres
trangres, sans aller jusquaux villes ; une mise sac de Rennes
ou de Nantes serait une toute autre opration. Quant aux captifs,
deviendront-ils esclaves ? Lesclavage la mode romaine exige une
forte organisation et nest plus vraiment de mise. Le style de servage qui
lui fait place sapparente plutt un lien irrvocable avec la terre quexploite
le serf pour le compte de son matre. Les Bretons ne semblent plus pratiquer
la traite des hommes, sauf quelques clans ctiers lorsquils mettent la
main sur des pirates barbares.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Beppolne rode dans la rgion mais
poursuit des ambitions personnelles et ne se manifeste pas en cette
occasion ; son heure viendra. Semployant imposer son autorit sur
Rennes, il se fourvoie dans la violence, assassine la fille de son vque.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Finalement Flix entre en jeu. Grgoire ne
laime pas et se complat annoncer lchec de son intervention ;
Fortunat de Poitiers, de son cot, signale que laction de Flix ramne
la paix. On voit mal les Bretons rendre ce quils ont pris, mais une sorte
de cessez-le-feu a pu tre dcid dans un accord entre Waroc et les
envoys de lvque de Nantes ; aucune razzia nest rapporte
pendant les annes suivantes.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les dmonstrations militaires de Waroc ont
jusqualors t bnfiques pour la Bretagne et, depuis la Domnone, une
certaine suprmatie semble reconnue au chef du pays vannetais ; Juthal
succde Judual, mais Waroc aurait surtout affaire son reprsentant
Vidimacle, bien que<font FACE="Goudy Old Style ATT"> </font>le rcit
historique ne dise pas expressment que Vidimacle relve de la Domnone. Et
il nest pas impossible que la Cornouaille participe aussi au gonflement des
effectifs.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Flix de Nantes meurt en 582. Plus tard, le
successeur de Flix ne cherchera pas emboter les pas de son illustre
prdcesseur dans les oprations diplomatiques.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La situation demeure conflictuelle lintrieur
de la Francie : le roi Gontran, depuis sa Burgondie, arbitre les
diffrents, souvent sanglants, entre ses belles-surs Frdgonde et
Brunehaut. Brunehaut dfend, de ses terres du Nord-Est, la suprmatie de son
jeune fils Childebert II. Frdgonde, voisine de la Bretagne, aprs
que son mari Chilpric ait t assassin (584), en fait autant avec son
dernier n Clotaire II, encore plus jeune. Finalement Gontran sassocie
au sort de Childebert II (587) et son rle devient hgmonique.
Frdgonde, isole, cherche des appuis jusquauprs des Bretons.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La manie des chamailleries mrovingiennes
se rpand en cascade des personnages couronns leurs grands valets.
Beppolne, ayant en charge les contres bientt appeles Marches
de Bretagne , infidle Frdgonde, devient gnral pour le
compte de Gontran. Layant appris, Frdgonde est furieuse contre
Beppolne, nous dit Grgoire de Tours, <i>elle le hassait depuis
longtemps, elle ordonna aux Saxons de Bayeux daller au secours de Waroc les
cheveux coups la manire des Bretons et les vtements arrangs de
mme</i> . Beppolne ne parvient pas soumettre la ville de Rennes,
il y place son fils ; celui-ci est mis mort par les habitants.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Waroc dcide dun raid. Notre chroniqueur
le dcrit dune manire routinire, sous lanne 588 : <i>Les
Bretons, cependant, se ruant sur le territoire namnte, emportrent du
butin, envahissant les villae et emmenant des captifs. Quand on eut rapport
ceci au roi Gontran, il ordonna de mobiliser larme en envoyant aux
Bretons un messager pour leur parler afin quils rparent tout le mal quils
avaient fait, ou quils sachent quils tomberaient sous le glaive de son
arme</i><b>.</b> </font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les Bretons acceptent de discuter. Ds quil
le sait, Gontran <i>envoie une lgation comprenant Namatius, vque
dOrlans et Bertrand, vque du Mans, avec des comtes et dautres
hommes illustres. Du royaume de Clotaire furent prsents les fils de
Chilpric, personnages distingus. Allant sur la frontire des Namntes,
ils parlrent avec Waroc et Vidimacle de tout ce que le roi avait ordonn.
Mais les Bretons dirent : Nous savons que ces cits sont sujettes
des fils du roi Clotaire et que nous-mmes devons leur tre sujets. Nous ne
tarderons pas rparer tout ce que nous avons fait contre lordre.
Ayant donn des fidjusseurs et souscrit des engagements, ils promirent de
donner plusieurs milliers de sous de composition au roi Gontran et
Clotaire, sengageant ne jamais attaquer au-del de la limite de ces
cits (Nantes et Rennes). Ceci arrang, certains retournrent et
rapportrent au roi ce quils avaient fait.</i><b> </b></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La composition de la dlgation franque
est dimportance, mais la conclusion des dbats, une fois de plus, ne
comporte pas de dcision sappliquant immdiatement. Le montant de lamende
de composition ou de rparation propos est un capital important, de lordre
de valeur de quelques centaines de chevaux. Waroc est certainement en tat de
payer ou du moins de regrouper rapidement la somme ; il y a trop de gens,
prsents lentrevue ou porte de tmoignage, suffisamment informs
de la richesse de Waroc pour quil puisse risquer un norme mensonge.
Cependant les envoys du roi franc se contentent de promesses et dotages
de garantie.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Durant les deux annes suivantes, les
Bretons reprennent leurs expditions. Grgoire raconte que <i>Waroc,
oublieux de son serment et de sa caution, ngligea tout ce quil avait
promis, enleva les vignes des Namntes et, rassemblant la vendange,
transporta le vin dans le Vannetais ; le roi Gontran, de nouveau trs en
colre , ordonna de mobiliser larme, mais il sapaisa</i><b> </b>.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Puis, en 590, <i>les Bretons
svissaient fortement autour des villes de Rennes et de Nantes. Le roi
Gontran ordonna de mener une arme contre eux. Il mit sa tte les ducs
Beppolne et Ebrachaire ; celui-ci, craignant que si Beppolne
remportait la victoire, il ne lui prit son gouvernement </i>(sa charge)<i>, se
prit dinimiti pour lui. Pendant toute la route ils saccablrent de
blasphmes, dinjures et maldictions. Par le chemin quils
parcoururent, ils multiplirent les incendies, les meurtres, les pillages et
autres forfaits. Cependant ils arrivrent la Vilaine, la franchirent et</i><b>
</b><i>atteignirent lOust. L, ayant dtruit les cabanes dalentour,
ils tablirent des ponts et ainsi passa toute larme</i> .</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">LOust semble marquer ici, quelque part
entre Glnac et Peillac, une limite de linfluence du clerg breton, au
sud, et des prtres dorigine gallo-romaine, au nord, en conformit avec ltude
dErwan Vallerie sur les limites des paroisses<font FACE="Goudy Old Style ATT">.</font>
Un renseignement prcieux provient des clercs favorable aux Francs. En effet
<i>un certain prtre rejoignit alors Beppolne disant : si
tu me suis, je te mnerai jusqu' Waroc et je te montrerai les Bretons
rassembls en un seul point </i>.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La valle est en ces lieux large et trs
marcageuse, et leffet de la mare y parvenait alors. Un gu, le plus en
aval sur la rivire, permettait le passage. Un camp fortifi trs ancien
dont il subsiste des traces ( La Chaumaille en Peillac) domine lemplacement
du gu. Il est possible que ctait l qutaient rassembls les
Bretons.<font FACE="Goudy Old Style ATT"> </font>Bien que Grgoire crive
certainement sous la dicte dun membre des troupes franques qui sont
repasses par Tours aprs leur droute, il a pu y avoir une lgre
inversion dans le tmoignage : Beppolne a peut-tre obtenu le
renseignement du prtre espion avant de passer lOust et dcid de btir
un pont plutt que dutiliser le gu, afin de prendre Waroc revers.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Larme de Waroc et de ses allis sest
porte au-devant de lennemi et campe donc non loin, sur le plateau. Elle
se sent en force, mais les Francs vont bnficier du renseignement de lespion :
<i>Beppolne, arrivant avec ceux qui ont voulu le suivre, un combat sengagea
et, pendant deux jours, il tua beaucoup des Bretons et des Saxons...
Ebrachaire lavait quitt avec une forte troupe et il ne voulut pas le
joindre jusqu' lannonce de sa mort. Le troisime jour, ceux qui
entouraient Beppolne avaient t tus ; bless dun coup de
lance, il combattait, mais Waroc se rua sur lui et ils le turent. Waroc les
avait en effet enferms dans des voies troites et des marais, dans lesquels
ils furent tus davantage par la boue que par le glaive.</i> </font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lissue de cette grande bataille est une
victoire pour les Bretons, assez fins stratges pour surmonter leffet de
surprise initial et refouler les Francs sur un terrain qui leur tait
dfavorable.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Mais la forte troupe dEbrachaire est
intacte et se dplace. Grgoire de Tours nous le signale : <i>Ebrachaire
cependant atteignit la ville de Vannes. Lvque Regalis avait envoy
sa rencontre ses clercs avec des croix, chantant des psaumes ; ils le
conduisirent jusqu' la ville</i> . Il apparat que les vtustes
remparts gallo-romains de Vannes nen font pas une cit close ; la
moindre garnison aurait empch les fidles de lvque den sortir.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Waroc soccupe alors de mettre labri
les coffres ou dorment tant dobjets de valeur accumuls et les fait
embarquer. <i>Plusieurs rapportaient ainsi ce moment l que Waroc,
voulant fuir dans les les avec des navires chargs dor et dargent et
de ses autres biens, comme les navires avaient gagn la haute mer, le vent stait
lev. Les navires submergs, les Bretons avaient perdu les richesses quils
y avaient mises</i><b>. </b></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les les, ce sont Vindilis, Siata et Arica
(Belle-Isle, Houat et Hoedic). Dans ces parages, il est difficile dtre
surpris loin dun abri par lune de ces temptes dt qui
surviennent parfois. Surtout au point de perdre une flottille entire. Plus
vraisemblablement, une des barques se sera ventre lors dun accostage
prilleux. Tout porte croire que Waroc en tirera parti pour faire admettre
quil est dans limpossibilit de verser un tribut. Il regagne le
continent, emportant seulement le coffre bien garni qui servira apaiser
Ebrachaire.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Pendant ce temps larme bretonne, en
retour de lOust, sest approche de Vannes, sans doute dirige par
Canao fils de Waroc. Ebrachaire ne tient pas subir le sort de Beppolne et
se prpare bcler un armistice. <i>Cependant Waroc, venant
Ebrachaire, demanda la paix et il donna des otages avec beaucoup de prsents,
promettant de naller jamais contre le bien du roi Gontran</i> . La
commission prive dEbrachaire figure parmi les prsents. Il sempresse
de linstaller sur une mule bte prenant place dans la petite arme quil
a slectionne, avec laide de son sbire Wilachaire, en vue dun retour
rapide vers ses terres.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Au cours des ngociations <i>lvque
Regalis, avec ses clercs et les habitants de sa ville, firent les mmes
serments, disant : Nous ne sommes en rien coupables envers nos
seigneurs rois et jamais par orgueil nous navons t contre son bien,
mais placs dans la captivit des Bretons, nous avons t soumis un
joug trs svre. La paix faite entre Waroc et Ebrachaire, Waroc
dit : Partez maintenant et annoncez que je prendrai soin daccomplir
de bon gr tout ce que ma ordonn le roi. Afin que vous ajoutiez foi plus
entire cela, je vous donnerai mon neveu en otage. Et ainsi fit-il
et la guerre sarrta</i><b>.</b> </font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Ebrachaire sloigne, abandonnant une
partie de ses troupes. Privs des lments les plus valeureux de ce qui
restait de larme franque, encombrs des civils fuyant avec eux, ces
guerriers dlaisss organisent mal leur retraite. Prenant au plus court, ils
butent sur la basse Vilaine quils commencent franchir, mais <i> les
hommes valides, les moins valides et les pauvres qui taient avec ceux-ci,
tous ne purent passer la fois. Comme ils se trouvaient sur les bords du
fleuve Vilaine, Waroc, oublieux des serments et des otages quil avait
donns, envoya Canao son fils avec une arme et, ayant pris les hommes quil
avait trouv sur le rivage, il les lia. Il tua ceux qui rsistaient.
Certains, qui voulurent passer avec des chevaux, furent jets dans la mer par
le cours torrentueux. </i></font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La femme de Waroc intervient alors,
propos des prisonniers francs : <i>par la suite beaucoup furent
renvoys par lpouse de Waroc avec des tablettes de cire comme des
affranchis et ils retournrent dans leurs demeures</i> . La
dlivrance est organise la manire romaine, en faisant attacher au cou
des librs une planchette portant linscription : <i>liberatus</i>.
Il est difficile danalyser le comportement de la compagne de Waroc ;
peut-tre veut-elle marquer le point darrt de la guerre par un acte
gnreux manant du pouvoir.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La suite du rcit de Grgoire ne concerne
plus les vnements de Bretagne, mais leur lecture en dit long sur le
gangstrisme des gnraux mrovingiens. <i>Larme dEbrachaire,
qui avait travers antrieurement, nosa pas retourner par le mme chemin
qu laller, de peur dtre expose aux maux quelle avait
infligs. Elle se dirigea vers Angers, gagnant le pont du fleuve torrentueux
de la Mayenne. Mais une petite troupe qui passa dabord ce pont dont nous
avons parl, fut dpouille et rduite au dshonneur, certains mme
tus. Passant par Tours, et pillant, ils dpouillrent beaucoup de gens.
Ils avaient en effet pris limproviste les habitants du lieu. Beaucoup de
gens de cette arme allrent vers le roi Gontran, disant que le duc
Ebrachaire et le comte Wilachaire, ayant reu de largent de Waroc, avaient
fait prir larme. A cause de cela, Ebrachaire stant prsent fut
accabl de beaucoup de reproches par le roi qui le bannit de sa prsence...</i> .
Il apparat quEbrachaire, bien que proscrit, garde pour lui, en lieu sr,
le prcieux coffre renfermant les cadeaux de Waroc.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Grgoire de Tours ne rapporte rien sur la
Bretagne aprs la guerre de 590. Lun des derniers des littrateurs
latins, il meurt en 594. Pendant trs longtemps, personne ne rdigera plus
de chronique circonstancie. Cependant Frdgaire, lanne mme de la
mort de Grgoire, signale une nouvelle bataille entre Francs et Bretons. Au
vu de la brivet du rapport on suppose que ces derniers sont
vainqueurs ; le combat aurait eu lieu lEst de Rennes. Puis cest
le silence historique.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La pieuse rputation qui suit Waroc, telle
quelle transparat dans les vies de saints , na pu se
nourrir que dune vieillesse difiante (pas au point cependant den faire
lui-mme un saint, linstar dautres rois) et il a du tre mis en
terre avec solennit. Son cercueil nous est-il parvenu ? Il existe
Lomarec, commune de Crach, un sarcophage de granite conserv au fond dune
chapelle. Linhumation dans un spulcre de pierre est rare en
Basse-Bretagne au Haut Moyen Age. Le tombeau de Lomarec est presque unique
pour les VI<sup>me</sup>/VII<sup>me</sup> sicles dans le Morbihan, en
tous cas le seul porter une inscription. Cest dailleurs, de toute la
Bretagne occidentale, le seul sarcophage portant une pigraphe ;
quelques mots largement gravs stalent sur lun des grands cots,
lintrieur : IRHA EMA * IN RI. Ce qui signifierait approximativement,
en vieux breton : ici est ce roi . Une quipe de
chercheurs britanniques a toutefois propos une interprtation diffrente.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lattribution de cette spulture Waroc
a t examine par de nombreux historiens (Philippe Guigon en relve
seize). La conclusion est gnralement positive. Il est possible que le site
ait t celui dun trs ancien petit monastre.</font></p>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Outre lhistoire crite et larchologie,
la tradition peut renseigner sur limportance dun personnage. Waroc est
le seul roi breton dont le pays portera le nom :
Pays de Waroc ou Bro Erec , pendant plus de
mille ans. Dautre part un ancien pome relate la rencontre de Waroc avec
une femme fort laide, quil pouse avec rpugnance ; ds le mariage,
elle se transforme en une belle jeune fille, image de son pays. Vieux mythe
transpos sur notre hros.</font></p>
<font SIZE="4">
<p ALIGN="CENTER"> </p>
</font>
<p> </td>
</tr>
<tr>
<td>
<p ALIGN="CENTER"><b><font size="3">WAROC</font></b></p>
<p ALIGN="CENTER"><font size="3">Notes bibliographiques</font></p>
<font SIZE="4">
<p ALIGN="CENTER"> </p>
</font><b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Bordonove</font></b><font size="3"> Georges
<i>Clovis et les Mrovingiens</i> (France Loisirs 1988), permet une bonne
comprhension des vnements de Francie. Bordonove attribue Waroc le
qualificatif de chef de bande (p.232), ce qui est abusivement
pjoratif ; que dire alors du comportement de Beppolne et dEbrachaire ?</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Bourgs</font></b><font size="3">
Andr-Yves <i>Le Dossier Hagiographique de Saint Melar</i> (CIRDoMoC) et
correspondance : reprise lgendaire de la mort de Macliau et de Jacob.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Davies</font></b><font size="3"> Wendy et
autres <i>Les Inscriptions de la Bretagne du Haut Moyen Age</i> (Celtic
Studies Publication 2000), contient une tude du sarcophage de Lomarec.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Fleuriot L.</font></b><font size="3">
Outre la traduction de Grgoire de Tours utilise (<i>Origines de la
Bretagne</i>, Payot 1988, pages 239 et suivantes), Lon Fleuriot donne dans
les <i>Annales de Bretagne</i>, fascicule 77-4, 1970, pages 629-653, en
compagnie de Patrick Andr et Gildas Bernier, une interprtation de linscription
du sarcophage de Lomarec.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Flobert</font></b><font size="3"> Pierre
<i>La Vie Ancienne de Saint Samson de Dol</i> (CNRS ditions 1997), pour le
conflit Judual/Conomor.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Grgoire de Tours</font></b><font size="3">
Les extraits de la volumineuse <i>Historia Francorum</i> cits sont
repris des <i>Origines de la Bretagne</i> de Lon Fleuriot.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Guigon </font></b><font size="3">Philippe
<i>Les Spultures du Haut Moyen Age de Bretagne</i> (Institut Culturel de
Bretagne). Page 77 : sarcophage de Lomarec en Crach.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Kerboul-Vilhon </font></b><font size="3">Christiane
Traduction du <i>De Excidio Britanniae</i> de St Gildas (d. du Pontig
1996), un des rares textes remontant au VI<sup>me</sup> sicle, exprimant
les rivalits violentes entre rois celtiques.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lozachmeur </font></b><font size="3">Jean-Claude
<b> </b><i>Interprtation des Mythes Celtiques</i><b>, </b>dans<b> </b><i>Mlanges
la mmoire de Lon Fleuriot</i><b> </b>(PUR/SKOL 1992), au sujet du
pome sur Waroc.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Matre L</font></b><font size="3">. et de
Berthou P. <i>Cartulaire de Quimperl</i> (d. Philon et
Champion) : on y lit les vies de S<sup>t</sup> Gunthiern et de S<sup>te</sup>
Ninnoc qui ont rencontr Waroc.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Morvannou</font></b><font size="3"> Fanch
<i>Saint Gunal</i> (CRBC 1997) : les excellentes relations de
Waroc et Gunal sont rapports dans lhagiographie ancienne.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Paulet D. </font></b><font size="3"><i>Waroc,
biographie vraisemblable dun authentique roi breton</i><b> (</b>d. du
Petit Vhicule, Nantes 2002<b>) </b>: en 70 pages, premier rcit imag
de la vie de Waroc, vitant les renvois aux sources pour la facilit de
lecture.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Vallerie </font></b><font size="3">Erwan<b>
</b><i>Communes Bretonnes et Paroisses dArmorique</i><b> </b>(d.
Beltan 1986), page 87 : paroisse gallo-romaine de Glnac.</font></p>
<b>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
</b>
<p> </td>
</tr>
</table>
</center>
</div>
<blockquote>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="JUSTIFY"> </p>
<p ALIGN="RIGHT"> </p>
</blockquote>
</body>
</html>