Fichier "Paulet_Waroc_D_Paulet.htm"

Path: /SAHPL_LWS/SITE_SAHPL/Paulet_Waroc_D_Paulet.htm
File size: 44.25 KB
MIME-type: text/html
Charset: 8 bit

<html>

<head>
<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=windows-1252">
<meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 4.0">
<meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document">
<meta name="keywords" content="archologie,histoire,chteau,toponymie,hraldique,Lorient,Bretagne,fouilles,littoral,stle,manoir,saint,chapelle,glise">
<meta name="description" content="Histoire et lgende  propos de Waroc, seul breton dont un pays porte le nom">
<title>NOTICE SUR WAROC</title>
<SCRIPT LANGUAGE="JavaScript">
<!--
var doh = "Le clic droit a t dsactiv  ;-)";
function noclick(scx) {
if (navigator.appName == "Netscape" && scx.which == 3) {
alert(doh);
return false; }
if (navigator.appVersion.indexOf("MSIE") != -1 && event.button == 2) {
alert(doh);
return false; } }
document.onmousedown = noclick
// -->
</SCRIPT>
<meta name="Microsoft Theme" content="none">
</head>

<body bgcolor="#EEEEEE">
<div align="center">
  <table border="0" cellpadding="3" width="800">
    <tr>
      <font SIZE="2" FACE="CG Times (W1)">
      <td width="52%" align="right">
        <p align="left">Bulletin n31 - 2002-2003, p. 39</td>
      </font>
  <center>
      <td width="26%" align="right">
        <p align="right"><a href="javascript:history.go(-1)" name="dar guer"><span style="background-color: #FFFFCC"><font face="CG Times (W1)" size="2">Page
        prcdente</font></span></a></td>
      <td width="10%" align="right"><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="../index.htm" target="_top"><font face="CG Times (W1)" size="2">Accueil</font></a></span></td>
      <td width="12%" align="right"><span style="background-color: #FFFFCC"><a href="Plan_du_site.htm" target="_parent"><font face="CG Times (W1)" size="2">Plan
        du site</font></a></span></td>
    </tr>
  </table>
  </center>
</div>

<p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<b>
<p ALIGN="CENTER"><font size="5">NOTICE SUR WAROC</font></p>
<font SIZE="1">
<p ALIGN="CENTER">&nbsp;</p>
</font></b>
<p ALIGN="CENTER"><b><font size="3">Dominique PAULET</font></b></p>
<i>
<p ALIGN="CENTER"><font size="3">Kerulv - Lorient</font></p>
</i>
<div align="center">
  <center>
  <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="40%">
    <tr>
      <td width="50%"></td>
      <td width="50%"></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="50%"></td>
      <td width="50%"></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="50%"></td>
      <td width="50%"></td>
    </tr>
    <tr>
      <td width="50%"></td>
      <td width="50%"></td>
    </tr>
  </table>
  </center>
</div>
<div align="center">
  <center>
  <table border="0" cellspacing="0" width="800">
    <tr>
      <td></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">&nbsp;<i>Cependant Chanao, comte des
  Bretons, avait tu trois de ses frres. Voulant aussi tuer Macliau, il le
  tenait en prison li et charg de chanes. Celui-ci fut sauv par Flix,
  vque de Nantes. Aprs quoi il jura fidlit  son frre, mais il
  voulut rompre son serment je ne sais dans quelle occasion. Chanao, le sachant,
  le poursuivit de nouveau. Macliau, voyant quil ne pouvait se sauver, senfuit
  auprs dun autre comte de cette rgion du nom de Conomor. Celui-ci,
  pressentant lapproche de ses poursuivants, le cacha sous terre dans un
  caveau et, selon lusage, fit par dessus arranger un tumulus, lui rservant
  un petit soupirail par lequel Macliau pt respirer. Les poursuivants
  survenant, ils leur dirent&nbsp;: Voici&nbsp;: ici gt Macliau mort et
  enterr钒. Ceux-ci entendant cette nouvelle se rjouissent et boivent
  sur le tumulus lui-mme. Ils annoncrent alors au frre (Chanao) que
  Macliau tait mort&nbsp;; entendant cela, Chanao sempara de tout le
  royaume... Macliau, surgissant de dessous terre, gagna la ville de Vannes et
  l, tonsur, il fut ordonn vque...</i>&nbsp;</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Ce texte, de la plume de Grgoire de Tours,
  raconte des vnements qui se sont drouls au milieu du VI<sup>me</sup>
  sicle. Grgoire ntait pas encore mtropolitain (archevque)  ce
  moment et rdige  retardement, sur la base de renseignements de seconde
  main provenant sans doute de Flix, un des acteurs de lpisode. Le point
  de vue est celui dun Gallo-Franc qui na gure de sympathie pour les
  Bretons. Leurs chefs sont appels &nbsp;comtes&nbsp; comme sils
  dpendaient docilement des successeurs de Clovis, ce qui  ce sicle est
  pratiquement un abus de langage.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3"><u>Flix</u> de Nantes est lun de ces
  grands vques qui sefforcent de compenser les drgulations du monde
  mrovingien. Matre en sa cit, il en pousse lorganisation jusqu' des
  travaux rectifiant les cours deau. Il btit une basilique aux chapiteaux
  fleuris et au toit dtain. Noble dune ligne qui se comporte en
  propritaire de son sige piscopal, il intervient en diplomate alentour
  ainsi quon le voit ici.</font></p>
  <u>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Chanao</font></u><font size="3"> prtend au
  pouvoir sur tout le sud de lArmorique bretonne (Cornou). Il cherche 
  liminer la concurrence de ses proches et pratique lassassinat politique
   la manire des Francs. A lpoque les princes de la Bretagne insulaire
  se comportent aussi de cette faon, comme le rapporte le contemporain Gildas
  dans son </font><i><font size="3">De Excidio Britanniae.</font></p>
  </i><u>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Macliau</font></u><font size="3">, frre de
  Chanao, est le pre de Waroc ( noter que Waroc se dit aussi Erec). La
  chronique de Grgoire reparlera de Macliau lorsquil quittera son refuge
  piscopal de Vannes. Pour linstant il est intronis dune manire
  rgulire, romaine, puisque Flix veille, et non dans le seul cadre des
  clercs bretons suivant une pratique qui sera interdite au concile de Tours
  quinze ans plus tard.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">A limage du rle ambigu jou dans lpisode
  par <u>Conomor</u>, ce personnage reste difficile  cerner. Il dtient
  vraisemblablement de lautorit sur une partie du nord de la pninsule (Domnone),
  mais le vritable seigneur de toute cette rgion est Judual, lequel est en
  exil  la cour de Childebert. Samson de Dol, comme lindique sa biographie
  ancienne, obtiendra du roi franc le retour de Judual.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">En Francie, Clotaire est en concurrence de
  domination avec son frre Childebert. Chramne, fils de Clotaire, se fche
  contre son pre et sallie  son oncle Childebert&nbsp;; celui-ci meurt en
  558. Deux ans aprs, Clotaire pourchasse son propre fils.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Chramne, nous dit Grgoire de Tours, <b>&nbsp;</b><i>comme
  il ne voyait plus de moyens dchapper, gagna la Bretagne et l auprs du
  comte des Bretons Chonobro lui-mme, sa famille et ses filles se
  cachrent... Cependant le roi Clotaire, frmissant de rage contre Chramne,
  se dirigea contre lui en Bretagne avec une arme. Mais celui-ci ne craignit
  pas de marcher contre son pre. Comme les deux armes taient rassembles
  dans une mme plaine et que Chramne avec les Bretons avait rang la ligne de
  bataille contre son pre, la nuit tombant, on arrta de combattre. Cette
  mme nuit Chanao, comte des Bretons, dit  Chramne&nbsp;: je pense quil
  est injuste que tu doives marcher contre ton pre. Permets-moi cette nuit
  mme que je lassaille et laccable avec toute son arme. Cela
  Chramne, empch sans doute par un miracle de Dieu, ne le permit pas. Le
  matin venu, les deux chefs, ayant mis en mouvement leurs armes, se htent
  au combat. Le roi Clotaire allait comme un nouveau David pour combattre son
  fils Absalon, pleurant et disant&nbsp;: regarde-moi Seigneur depuis le
  Ciel et juge ma cause, car je supporte injustement les outrages de mon fils.
  Regarde Seigneur et juge justement et porte ce jugement mme que tu
  prononas entre Absalon et son pre David. On combattit cependant avec
  une force gale. Le comte des Bretons tourna le dos et tomba. Alors Chramne senfuit&nbsp;;
  il avait des navires tout prs sur la mer. Mais il voulut librer sa femme
  et ses filles et fut surpris par larme de son pre, captur et
  enchan. Quand on eu annonc cela au roi Clotaire, il ordonna de le
  brler avec sa femme et ses filles enferm dans la cabane dune pauvresse.
  Chramne, tendu sur un banc, fut trangl avec un mouchoir et la cabane fut
  mise en feu. Cest ainsi quil prit avec sa femme et ses filles.</i><b>&nbsp;</b></font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Une scne dhorreur clt la bataille. En
  fait la grande action militaire que Clotaire a lanc contre les Bretons ntait
  pas seulement motive par le dsir de mettre fin  la fugue de son fils. Lalliance
  de Chanao (<i>alias</i> Chonobro) et de Chramne avait permis le regroupement dune
  arme menaante qui procdait au pillage de nombreuses rgions, ainsi que
  le rapporte Marius dAvenches, autre chroniqueur contemporain. Le roi de
  tous les Francs se devait dy mettre de lordre et, du mme coup, tentait
  de transformer la bonne entente entre les Bretons et feu Childebert en une
  vritable mise sous tutelle.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">A nen pas douter, le jeune Waroc retient
  les leons des affrontements de 560, notamment cette crainte des ennemis face
  au combat nocturne&nbsp;; il en tirera parti le jour venu.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Clotaire meurt un an plus tard. Les
  Mrovingiens sont dsorganiss et ne menacent plus les Bretons. Sur place
  Chanao a un hritier, Bodic, apparemment moins agressif que son
  prdcesseur. Macliau nest plus contraint de sabriter sous la fonction
  dvque de Vannes. Grgoire crit&nbsp;: &nbsp; <i>Chanao tant
  mort, il </i>(Macliau)<i> apostasia et, ayant laiss pousser ses cheveux, il
  reprit sa femme quil avait abandonne une fois clerc et avec elle le
  royaume de son frre. Mais les vques lexcommunirent</i>&nbsp;,
  sans doute au cours dun concile.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">En ralit, comme le chroniqueur lexplique
  ensuite, Bodic et Macliau se partagent la Cornou&nbsp;: au premier la partie
  qui correspond  lactuelle Cornouaille, au second le reste, cest--dire
  essentiellement le pays de Vannes. La convention de partage est prolonge par
  lengagement &nbsp;<i>que celui dentre eux qui survivrait dfendrait
  les fils de lautre comme sils taient les siens</i>&nbsp;. Au moment
  du serment de garantie rciproque envers leur progniture, Bodic a un fils
  en bas ge, Theuderic&nbsp;; la femme de Macliau donnera bientt naissance
   un frre de Waroc, Jacob (la suite des vnements montre en effet que
  Jacob est plus jeune que Waroc).</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Souvre une priode de paix dune
  quinzaine dannes, durant laquelle Waroc se joint  une pouse qui lui
  donne au moins un fils, Canao&nbsp;; ce nom recoupe celui du grand-pre
  Chanao, selon une coutume ancestrale. Les autres enfants ventuels de Waroc
  ne sont pas connus. Le rcit de la vie de S<sup>t</sup> Gildas par le moine
  Vitalis, trs postrieur, voque Triphine, fille de Waroc&nbsp;; mais il y
  est rapport quelle devient lpouse de Conomor, ce qui est
  chronologiquement impossible.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les hauts clercs entretiennent, semble-t-il,
  de bonnes relations avec Waroc quils prfrent sans doute  son pre en
  disgrce religieuse. Des textes citent, peut-tre abusivement, de nombreux
  &nbsp;saints&nbsp; rencontrs&nbsp;: Guenhal de Lanester (Vie
  de St Guenhal), Gunthiern dAnaurot et Ninnoc de Ploemeur (Cartulaire de
  Quimperl), etc. En fait la gnration des plus grands dentre eux, ceux
  forms dans les illustres sminaires gallois, arrive  son terme&nbsp;;
  parmi eux, Gildas et Samson. Les rnovateurs irlandais, tel Colomban,
  apparatront plus tard. Waroc est vraisemblablement trop jeune,  la mort de
  Gildas, pour avoir eu la chance de le rencontrer. Cependant le monastre de
  Rhuys prend vite de limportance et perptue linfluence de ses crits
  o lon voit le sage fondateur critiquer la conduite des rois.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Samson a cr bien loin,  Dol, une
  abbaye si prestigieuse quelle aura prtention au titre de mtropole
  ecclsiastique de Bretagne. Il se rend  Paris, vers 563, pour participer 
  un concile. Sil na pas rencontr Waroc, il est rapport que son
  associ Men sen est charg. Samson et Men sont apparents  la
  famille rgnante de Domnone, et ces contacts ont des rsonances
  diplomatiques.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Le sige piscopal de Vannes a t
  pourvu dun titulaire dobdience plus romaine que Macliau, Eunius.
  Grgoire de Tours se complat  dcrire un trait de caractre de lvque&nbsp;:
  il est alcoolique. La situation politique de la ville de Vannes est complexe.
  Le trouble est accentu par les voyages de comtes mrovingiens rfugis en
  Bretagne lorsquils sont en disgrce, tel Leudast chass de Tours  lpoque
  de Sigebert.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Il est probable que les responsabilits de
  Waroc dans des tournes  travers le pays saccroissent au fur et 
  mesure que son pre vieillit, et quil recrute au passage des immigrants
  bretons pour constituer son arme. Les historiens saccordent pour
  constater quil reste une trace du fonctionnement des lgions romaines dans
  les bataillons bretons&nbsp;: plus de souplesse tactique que dans linfanterie
  franque et moins de dsordre individualis quau temps des Gaulois</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">En 575 Sigebert est assassin de la main de
  tueurs  gages commandits par Frdgonde. Son poux Chilpric devient
  alors un dangereux voisin, ayant en principe la Bretagne en tutelle.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Macliau et Bodic staient fait le
  serment de protger mutuellement leurs fils. Bodic meurt le premier.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Bodic mort, que devient son fils Theuderic&nbsp;?
  Grgoire nous le raconte, pour ainsi dire en direct puisquil est
  maintenant en poste officiel  Tours&nbsp;: &nbsp;<i>Macliau, oublieux de
  son serment, le chassa de sa patrie et prit le royaume de son pre. Theuderic
  fut longtemps fugitif et errant. Dieu ayant eu piti de lui, il rassembla des
  hommes de Bretagne, se jeta sur Macliau, le tua de lpe avec son fils
  Jacob et remit sous son pouvoir la partie du royaume quavait autrefois
  possde son pre. Lautre partie, cependant, Waroc fils de Macliau se lassura.&nbsp;</i></font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Il est douteux que Waroc sassocie  ce
  conflit car larme quil dirige, capable environ deux ans plus tard de
  bloquer une invasion franque, aurait vit  son pre dtre mis en
  droute par Theuderic. Celui-ci, selon certains, aurait t chercher des
  renforts en Bretagne insulaire. Dautre part une lgende complexe relate la
  vie de saint Mlar, jeune hritier de Cornouaille mchamment occis&nbsp;;
  il est fort probable que le souvenir de ce meurtre ait sa source dans celui de
  Jacob, ce qui justifie le jeune ge attribu  ce dernier. Que ce soit  lissue
  dune embuscade ou lors dune bataille range, la mort violente de
  Macliau et de Jacob clarifie le paysage politique de lArmorique
  mridionale.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Waroc ne cherche pas  son tour 
  poursuivre Theuderic, meurtrier de son pre. Il se contente dun <i>modus
  vivendi</i> et sassure, comme le dit le chroniqueur, du pays vannetais qui
  portera son nom et dont il est maintenant le &nbsp;roi&nbsp;.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La Francie est en perptuel remous dhritages.
  Chilpric a fort  faire contre son frre Gontran qui sest
  momentanment alli au fils de Sigebert. Les troupes quil a leves avec
  difficult ne sont pas de taille contre cette alliance. Il les dirige alors
  vers les Bretons.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Grgoire de Tours sintresse  cette
  expdition quil situe en 578&nbsp;: &nbsp;<i>Les Tourangeaux, les
  Poitevins, les gens de Bayeux&nbsp;, les Manceaux et les Angevins, avec
  beaucoup dautres, allrent en Bretagne sur lordre du roi Chilpric et
  stablirent prs de la Vilaine contre Waroc fils de Macliau. Mais
  celui-ci par ruse, de nuit, se ruant sur les Saxons de Bayeux, tua la majeure
  partie dentre eux.&nbsp;</i></font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les Francs napprcient pas les combats
  nocturnes, on la vu  propos de la bataille de 560. De dpit, ils
  appellent ruse une action de commando russie. Les Francs sont
  dcontenancs&nbsp;; surpris dune telle pugnacit, ils nont pas le
  courage daller plus loin. Aprs trois jours de palabres, Waroc, &nbsp;<i>faisant
  la paix avec les gnraux du roi Chilpric et donnant son fils en otage,
  promit par serment quil serait fidle au roi Chilpric. Il rendit aussi
  Vannes sous cette condition que sil obtenait de la gouverner par lordre
  du roi, les tributs et tout ce qui tait d par cette ville, sans attendre
  aucune sommation, il les paierait. Ceci fait, larme fut retire de ces
  rgions.</i>&nbsp;</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">A part le mot &nbsp;serment&nbsp;,
  peut-tre transmis abusivement par les gnraux mrovingiens pour
  valoriser le rsultat de leur action, laccord est ambigu&nbsp;: il semble
  conditionner le versement dun tribut  une future dlgation formelle de
  pouvoir. Il est question de la ville de Vannes, sans considration des
  campagnes avoisinantes aux mains des Bretons. Lenjeu est bien le pouvoir de
  Waroc sur la cit elle-mme. La question ne semble pas entirement
  rgle.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">De quels moyens dispose Waroc pour clarifier
  sa situation auprs des puissants voisins, pour faire admettre sa
  souverainet, donc chapper au tribut&nbsp;? A Vannes, il sen ouvre  lvque
  Eunius. Il est dusage que les prlats sinterposent entre les grands de
  ce monde pour adoucir les situations pineuses. Eunius accepte de se rendre
   la cour de Chilpric et dy reprsenter Waroc. Sa mission est sans
  doute dobtenir un retour en arrire sur lengagement de fidlit, de
  le rduire  une simple promesse de bon voisinage. Grgoire de Tours
  rapporte cette ambassade et note la raction pidermique de
  Chilpric&nbsp;: &nbsp;<i>celui-ci, furieux, le fit condamner  lexil
  aprs lavoir tanc fortement</i>&nbsp;. Eunius, ventuellement pris de
  boisson, a manqu de la moindre subtilit qui lui aurait vit de passer
  pour coupable alors quil nest quintermdiaire. La sanction quimpose
  Chilpric est trs contraignante, la plus svre aprs la peine de mort
  en un temps o lemprisonnement nest gure pratiqu. Lanne
  suivante, <i>&nbsp;Eunius, rappel dexil, est envoy  Angers pour y
  vivre, mais il ne lui est pas permis de retourner dans la cit de Vannes</i><b>&nbsp;</b>.
  Cette phrase laisse supposer des tractations dlicates entre le
  mtropolitain Grgoire lui-mme et les frres Chilpric et Gontran qui
  sont revenus en bonne intelligence.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Dans lEglise un vque reste attach
   son sige territorial, depuis les prcisions apportes  ce sujet par
  le concile de Chalcdoine en 451. Eunius ne peut donc tre remplac. Vannes
  a t prive de titulaire aprs la dmission de Macliau, la voil
  vacante  nouveau par lassignation  rsidence lointaine de son pasteur.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Pour anticiper sur ce sujet relativement 
  la priode qui va suivre, les traces historiques manquent. On ne sait si
  Eunius a retrouv un jour sa place dans la vieille cit vnte. Quelques
  annes plus tard lvque en titre se nomme Regalis. Cest un homme dune
  toute autre trempe. Il ne cherche pas  collaborer avec Waroc qui, pourtant,
  a su sentendre avec son prdcesseur. Regalis se considre, dira-t-il
  lui-mme, comme prisonnier des Bretons.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lanne qui suit laffrontement de la
  Vilaine est mouvemente. Grgoire lvoque  deux reprises&nbsp;:</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">&nbsp;<i>Les Bretons cependant ravagrent
  la rgion de Rennes par lincendie, le butin enlev, les captifs emmens.
  Tout en combattant, ils savancrent jusqu' Cornutium vicum </i>(Corps
  Nuds)</font><i><font size="3">... Le dux Beppolne est dirig
  contre les Bretons et dvaste quelques lieux par le fer et lincendie...&nbsp;</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">&nbsp;Cette anne-l </font></i><font size="3">(579)<i>
  les Bretons furent trs malfaisants autour des villes de Nantes et de Rennes.
  Emmenant un butin immense, ils courent par les champs&nbsp;; ils dpouillent
  les vignes de leurs fruits&nbsp;; ils emmnent des captifs. Comme Flix,
  vque de Nantes, leur avait envoy une dputation, ils promirent de
  rparer le mal, mais ils ne voulurent en rien tenir leurs promesses</i>.&nbsp;</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Notre chroniqueur est plus lyrique  propos
  des dgts commis par les Bretons quau sujet des ravages causs par lexpdition
  confie  Beppolne. Malgr ses prventions, il juge les uns malfaisants
  et les autres dvastateurs, ce qui laisse supposer une plus grande cruaut
  de la part des Francs.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">On reconnat deux campagnes
  diffrentes&nbsp;: la premire au printemps vers Rennes, sans doute en
  coordination avec des lments venant de Domnone, la seconde  lautomne
  vers Nantes. Waroc a peut-tre senti le besoin de tter dabord le terrain
  du cot de la cit quil connat le moins. Le but de ces campagnes
  pourrait tre lintimidation mais, par leur ampleur, elles ressemblent
  davantage  une provocation ou  un accs de rage aprs lchec de la
  mission dEunius. Les expditions interviennent loin dans les terres
  trangres, sans aller jusquaux villes&nbsp;; une mise  sac de Rennes
  ou de Nantes serait une toute autre opration. Quant aux captifs,
  deviendront-ils esclaves&nbsp;? Lesclavage  la mode romaine exige une
  forte organisation et nest plus vraiment de mise. Le style de servage qui
  lui fait place sapparente plutt  un lien irrvocable avec la terre quexploite
  le serf pour le compte de son matre. Les Bretons ne semblent plus pratiquer
  la traite des hommes, sauf quelques clans ctiers lorsquils mettent la
  main sur des pirates barbares.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Beppolne rode dans la rgion mais
  poursuit des ambitions personnelles et ne se manifeste pas en cette
  occasion&nbsp;; son heure viendra. Semployant  imposer son autorit sur
  Rennes, il se fourvoie dans la violence, assassine la fille de son vque.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Finalement Flix entre en jeu. Grgoire ne
  laime pas et se complat  annoncer lchec de son intervention&nbsp;;
  Fortunat de Poitiers, de son cot, signale que laction de Flix ramne
  la paix. On voit mal les Bretons rendre ce quils ont pris, mais une sorte
  de cessez-le-feu a pu tre dcid dans un accord entre Waroc et les
  envoys de lvque de Nantes&nbsp;; aucune razzia nest rapporte
  pendant les annes suivantes.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les dmonstrations militaires de Waroc ont
  jusqualors t bnfiques pour la Bretagne et, depuis la Domnone, une
  certaine suprmatie semble reconnue au chef du pays vannetais&nbsp;; Juthal
  succde  Judual, mais Waroc aurait surtout affaire  son reprsentant
  Vidimacle, bien que<font FACE="Goudy Old Style ATT"> </font>le rcit
  historique ne dise pas expressment que Vidimacle relve de la Domnone. Et
  il nest pas impossible que la Cornouaille participe aussi au gonflement des
  effectifs.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Flix de Nantes meurt en 582. Plus tard, le
  successeur de Flix ne cherchera pas  emboter les pas de son illustre
  prdcesseur dans les oprations diplomatiques.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La situation demeure conflictuelle  lintrieur
  de la Francie&nbsp;: le roi Gontran, depuis sa Burgondie, arbitre les
  diffrents, souvent sanglants, entre ses belles-surs Frdgonde et
  Brunehaut. Brunehaut dfend, de ses terres du Nord-Est, la suprmatie de son
  jeune fils Childebert&nbsp;II. Frdgonde, voisine de la Bretagne, aprs
  que son mari Chilpric ait t assassin (584), en fait autant avec son
  dernier n Clotaire&nbsp;II, encore plus jeune. Finalement Gontran sassocie
  au sort de Childebert II (587) et son rle devient hgmonique.
  Frdgonde, isole, cherche des appuis jusquauprs des Bretons.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La manie des chamailleries mrovingiennes
  se rpand en cascade des personnages couronns  leurs grands valets.
  Beppolne, ayant en charge les contres bientt appeles &nbsp;Marches
  de Bretagne&nbsp;, infidle  Frdgonde, devient gnral pour le
  compte de Gontran. Layant appris, Frdgonde est furieuse contre
  Beppolne, nous dit Grgoire de Tours, &nbsp;<i>elle le hassait depuis
  longtemps, elle ordonna aux Saxons de Bayeux daller au secours de Waroc les
  cheveux coups  la manire des Bretons et les vtements arrangs de
  mme</i>&nbsp;. Beppolne ne parvient pas  soumettre la ville de Rennes,
  il y place son fils&nbsp;; celui-ci est mis  mort par les habitants.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Waroc dcide dun raid. Notre chroniqueur
  le dcrit dune manire routinire, sous lanne 588&nbsp;: &nbsp;<i>Les
  Bretons, cependant, se ruant sur le territoire namnte, emportrent du
  butin, envahissant les villae et emmenant des captifs. Quand on eut rapport
  ceci au roi Gontran, il ordonna de mobiliser larme en envoyant aux
  Bretons un messager pour leur parler afin quils rparent tout le mal quils
  avaient fait, ou quils sachent quils tomberaient sous le glaive de son
  arme</i><b>.</b>&nbsp;</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les Bretons acceptent de discuter. Ds quil
  le sait, Gontran &nbsp;<i>envoie une lgation comprenant Namatius, vque
  dOrlans et Bertrand, vque du Mans, avec des comtes et dautres
  hommes illustres. Du royaume de Clotaire furent prsents les fils de
  Chilpric, personnages distingus. Allant sur la frontire des Namntes,
  ils parlrent avec Waroc et Vidimacle de tout ce que le roi avait ordonn.
  Mais les Bretons dirent&nbsp;: Nous savons que ces cits sont sujettes
  des fils du roi Clotaire et que nous-mmes devons leur tre sujets. Nous ne
  tarderons pas  rparer tout ce que nous avons fait contre lordre.
  Ayant donn des fidjusseurs et souscrit des engagements, ils promirent de
  donner plusieurs milliers de sous de composition au roi Gontran et 
  Clotaire, sengageant  ne jamais attaquer au-del de la limite de ces
  cits (Nantes et Rennes). Ceci arrang, certains retournrent et
  rapportrent au roi ce quils avaient fait.</i><b>&nbsp;</b></font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La composition de la dlgation franque
  est dimportance, mais la conclusion des dbats, une fois de plus, ne
  comporte pas de dcision sappliquant immdiatement. Le montant de lamende
  de composition ou de rparation propos est un capital important, de lordre
  de valeur de quelques centaines de chevaux. Waroc est certainement en tat de
  payer ou du moins de regrouper rapidement la somme&nbsp;; il y a trop de gens,
  prsents  lentrevue ou  porte de tmoignage, suffisamment informs
  de la richesse de Waroc pour quil puisse risquer un norme mensonge.
  Cependant les envoys du roi franc se contentent de promesses et dotages
  de garantie.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Durant les deux annes suivantes, les
  Bretons reprennent leurs expditions. Grgoire raconte que &nbsp;<i>Waroc,
  oublieux de son serment et de sa caution, ngligea tout ce quil avait
  promis, enleva les vignes des Namntes et, rassemblant la vendange,
  transporta le vin dans le Vannetais&nbsp;; le roi Gontran, de nouveau trs en
  colre&nbsp;, ordonna de mobiliser larme, mais il sapaisa</i><b>&nbsp;</b>.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Puis, en 590, &nbsp;<i>les Bretons
  svissaient fortement autour des villes de Rennes et de Nantes. Le roi
  Gontran ordonna de mener une arme contre eux. Il mit  sa tte les ducs
  Beppolne et Ebrachaire&nbsp;; celui-ci, craignant que si Beppolne
  remportait la victoire, il ne lui prit son gouvernement </i>(sa charge)<i>, se
  prit dinimiti pour lui. Pendant toute la route ils saccablrent de
  blasphmes, dinjures et maldictions. Par le chemin quils
  parcoururent, ils multiplirent les incendies, les meurtres, les pillages et
  autres forfaits. Cependant ils arrivrent  la Vilaine, la franchirent et</i><b>
  </b><i>atteignirent lOust. L, ayant dtruit les cabanes dalentour,
  ils tablirent des ponts et ainsi passa toute larme</i>&nbsp;.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">LOust semble marquer ici, quelque part
  entre Glnac et Peillac, une limite de linfluence du clerg breton, au
  sud, et des prtres dorigine gallo-romaine, au nord, en conformit avec ltude
  dErwan Vallerie sur les limites des paroisses<font FACE="Goudy Old Style ATT">.</font>
  Un renseignement prcieux provient des clercs favorable aux Francs. En effet
  &nbsp;<i>un certain prtre rejoignit alors Beppolne disant&nbsp;: si
  tu me suis, je te mnerai jusqu' Waroc et je te montrerai les Bretons
  rassembls en un seul point&nbsp;</i>.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La valle est en ces lieux large et trs
  marcageuse, et leffet de la mare y parvenait alors. Un gu, le plus en
  aval sur la rivire, permettait le passage. Un camp fortifi trs ancien
  dont il subsiste des traces ( La Chaumaille en Peillac) domine lemplacement
  du gu. Il est possible que ctait l qutaient rassembls les
  Bretons.<font FACE="Goudy Old Style ATT"> </font>Bien que Grgoire crive
  certainement sous la dicte dun membre des troupes franques qui sont
  repasses par Tours aprs leur droute, il a pu y avoir une lgre
  inversion dans le tmoignage&nbsp;: Beppolne a peut-tre obtenu le
  renseignement du prtre espion avant de passer lOust et dcid de btir
  un pont plutt que dutiliser le gu, afin de prendre Waroc  revers.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Larme de Waroc et de ses allis sest
  porte au-devant de lennemi et campe donc non loin, sur le plateau. Elle
  se sent en force, mais les Francs vont bnficier du renseignement de lespion&nbsp;:
  &nbsp;<i>Beppolne, arrivant avec ceux qui ont voulu le suivre, un combat sengagea
  et, pendant deux jours, il tua beaucoup des Bretons et des Saxons...
  Ebrachaire lavait quitt avec une forte troupe et il ne voulut pas le
  joindre jusqu' lannonce de sa mort. Le troisime jour, ceux qui
  entouraient Beppolne avaient t tus&nbsp;; bless dun coup de
  lance, il combattait, mais Waroc se rua sur lui et ils le turent. Waroc les
  avait en effet enferms dans des voies troites et des marais, dans lesquels
  ils furent tus davantage par la boue que par le glaive.</i>&nbsp;</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lissue de cette grande bataille est une
  victoire pour les Bretons, assez fins stratges pour surmonter leffet de
  surprise initial et refouler les Francs sur un terrain qui leur tait
  dfavorable.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Mais la forte troupe dEbrachaire est
  intacte et se dplace. Grgoire de Tours nous le signale&nbsp;: &nbsp;<i>Ebrachaire
  cependant atteignit la ville de Vannes. Lvque Regalis avait envoy 
  sa rencontre ses clercs avec des croix, chantant des psaumes&nbsp;; ils le
  conduisirent jusqu' la ville</i>&nbsp;. Il apparat que les vtustes
  remparts gallo-romains de Vannes nen font pas une cit close&nbsp;; la
  moindre garnison aurait empch les fidles de lvque den sortir.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Waroc soccupe alors de mettre  labri
  les coffres ou dorment tant dobjets de valeur accumuls et les fait
  embarquer. &nbsp;<i>Plusieurs rapportaient ainsi  ce moment l que Waroc,
  voulant fuir dans les les avec des navires chargs dor et dargent et
  de ses autres biens, comme les navires avaient gagn la haute mer, le vent stait
  lev. Les navires submergs, les Bretons avaient perdu les richesses quils
  y avaient mises</i><b>.&nbsp;</b></font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Les les, ce sont Vindilis, Siata et Arica
  (Belle-Isle, Houat et Hoedic). Dans ces parages, il est difficile dtre
  surpris loin dun abri par lune de ces temptes dt qui
  surviennent parfois. Surtout au point de perdre une flottille entire. Plus
  vraisemblablement, une des barques se sera ventre lors dun accostage
  prilleux. Tout porte  croire que Waroc en tirera parti pour faire admettre
  quil est dans limpossibilit de verser un tribut. Il regagne le
  continent, emportant seulement le coffre bien garni qui servira  apaiser
  Ebrachaire.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Pendant ce temps larme bretonne, en
  retour de lOust, sest approche de Vannes, sans doute dirige par
  Canao fils de Waroc. Ebrachaire ne tient pas  subir le sort de Beppolne et
  se prpare  bcler un armistice. &nbsp;<i>Cependant Waroc, venant 
  Ebrachaire, demanda la paix et il donna des otages avec beaucoup de prsents,
  promettant de naller jamais contre le bien du roi Gontran</i>&nbsp;. La
  commission prive dEbrachaire figure parmi les prsents. Il sempresse
  de linstaller sur une mule bte prenant place dans la petite arme quil
  a slectionne, avec laide de son sbire Wilachaire, en vue dun retour
  rapide vers ses terres.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Au cours des ngociations &nbsp;<i>lvque
  Regalis, avec ses clercs et les habitants de sa ville, firent les mmes
  serments, disant&nbsp;: Nous ne sommes en rien coupables envers nos
  seigneurs rois et jamais par orgueil nous navons t contre son bien,
  mais placs dans la captivit des Bretons, nous avons t soumis  un
  joug trs svre. La paix faite entre Waroc et Ebrachaire, Waroc
  dit&nbsp;: Partez maintenant et annoncez que je prendrai soin daccomplir
  de bon gr tout ce que ma ordonn le roi. Afin que vous ajoutiez foi plus
  entire  cela, je vous donnerai mon neveu en otage. Et ainsi fit-il
  et la guerre sarrta</i><b>.</b>&nbsp;</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Ebrachaire sloigne, abandonnant une
  partie de ses troupes. Privs des lments les plus valeureux de ce qui
  restait de larme franque, encombrs des civils fuyant avec eux, ces
  guerriers dlaisss organisent mal leur retraite. Prenant au plus court, ils
  butent sur la basse Vilaine quils commencent  franchir, mais <i>&nbsp;les
  hommes valides, les moins valides et les pauvres qui taient avec ceux-ci,
  tous ne purent passer  la fois. Comme ils se trouvaient sur les bords du
  fleuve Vilaine, Waroc, oublieux des serments et des otages quil avait
  donns, envoya Canao son fils avec une arme et, ayant pris les hommes quil
  avait trouv sur le rivage, il les lia. Il tua ceux qui rsistaient.
  Certains, qui voulurent passer avec des chevaux, furent jets dans la mer par
  le cours torrentueux.&nbsp;</i></font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La femme de Waroc intervient alors, 
  propos des prisonniers francs&nbsp;: &nbsp;<i>par la suite beaucoup furent
  renvoys par lpouse de Waroc avec des tablettes de cire comme des
  affranchis et ils retournrent dans leurs demeures</i>&nbsp;. La
  dlivrance est organise  la manire romaine, en faisant attacher au cou
  des librs une planchette portant linscription&nbsp;: <i>liberatus</i>.
  Il est difficile danalyser le comportement de la compagne de Waroc&nbsp;;
  peut-tre veut-elle marquer le point darrt de la guerre par un acte
  gnreux manant du pouvoir.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La suite du rcit de Grgoire ne concerne
  plus les vnements de Bretagne, mais leur lecture en dit long sur le
  gangstrisme des gnraux mrovingiens. &nbsp;<i>Larme dEbrachaire,
  qui avait travers antrieurement, nosa pas retourner par le mme chemin
  qu laller, de peur dtre expose aux maux quelle avait
  infligs. Elle se dirigea vers Angers, gagnant le pont du fleuve torrentueux
  de la Mayenne. Mais une petite troupe qui passa dabord  ce pont dont nous
  avons parl, fut dpouille et rduite au dshonneur, certains mme
  tus. Passant par Tours, et pillant, ils dpouillrent beaucoup de gens.
  Ils avaient en effet pris  limproviste les habitants du lieu. Beaucoup de
  gens de cette arme allrent vers le roi Gontran, disant que le duc
  Ebrachaire et le comte Wilachaire, ayant reu de largent de Waroc, avaient
  fait prir larme. A cause de cela, Ebrachaire stant prsent fut
  accabl de beaucoup de reproches par le roi qui le bannit de sa prsence...</i>&nbsp;.
  Il apparat quEbrachaire, bien que proscrit, garde pour lui, en lieu sr,
  le prcieux coffre renfermant les cadeaux de Waroc.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Grgoire de Tours ne rapporte rien sur la
  Bretagne aprs la guerre de 590. Lun des derniers des littrateurs
  latins, il meurt en 594. Pendant trs longtemps, personne ne rdigera plus
  de chronique circonstancie. Cependant Frdgaire, lanne mme de la
  mort de Grgoire, signale une nouvelle bataille entre Francs et Bretons. Au
  vu de la brivet du rapport on suppose que ces derniers sont
  vainqueurs&nbsp;; le combat aurait eu lieu  lEst de Rennes. Puis cest
  le silence historique.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">La pieuse rputation qui suit Waroc, telle
  quelle transparat dans les &nbsp;vies de saints&nbsp;, na pu se
  nourrir que dune vieillesse difiante (pas au point cependant den faire
  lui-mme un saint,  linstar dautres rois) et il a du tre mis en
  terre avec solennit. Son cercueil nous est-il parvenu&nbsp;? Il existe 
  Lomarec, commune de Crach, un sarcophage de granite conserv au fond dune
  chapelle. Linhumation dans un spulcre de pierre est rare en
  Basse-Bretagne au Haut Moyen Age. Le tombeau de Lomarec est presque unique
  pour les VI<sup>me</sup>/VII<sup>me</sup> sicles dans le Morbihan, en
  tous cas le seul  porter une inscription. Cest dailleurs, de toute la
  Bretagne occidentale, le seul sarcophage portant une pigraphe&nbsp;;
  quelques mots largement gravs stalent sur lun des grands cots, 
  lintrieur&nbsp;: IRHA EMA * IN RI. Ce qui signifierait approximativement,
  en vieux breton&nbsp;: &nbsp;ici est ce roi&nbsp;. Une quipe de
  chercheurs britanniques a toutefois propos une interprtation diffrente.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lattribution de cette spulture  Waroc
  a t examine par de nombreux historiens (Philippe Guigon en relve
  seize). La conclusion est gnralement positive. Il est possible que le site
  ait t celui dun trs ancien petit monastre.</font></p>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Outre lhistoire crite et larchologie,
  la tradition peut renseigner sur limportance dun personnage. Waroc est
  le seul &nbsp;roi&nbsp; breton dont le pays portera le nom&nbsp;:
  &nbsp;Pays de Waroc&nbsp; ou &nbsp;Bro Erec&nbsp;, pendant plus de
  mille ans. Dautre part un ancien pome relate la rencontre de Waroc avec
  une femme fort laide, quil pouse avec rpugnance&nbsp;; ds le mariage,
  elle se transforme en une belle jeune fille, image de son pays. Vieux mythe
  transpos sur notre hros.</font></p>
  <font SIZE="4">
  <p ALIGN="CENTER">&nbsp;</p>
  </font>
        <p>&nbsp;</td>
    </tr>
    <tr>
      <td>
  <p ALIGN="CENTER"><b><font size="3">WAROC</font></b></p>
  <p ALIGN="CENTER"><font size="3">Notes bibliographiques</font></p>
  <font SIZE="4">
  <p ALIGN="CENTER">&nbsp;</p>
  </font><b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Bordonove</font></b><font size="3"> Georges
   <i>Clovis et les Mrovingiens</i> (France Loisirs 1988), permet une bonne
  comprhension des vnements de Francie. Bordonove attribue  Waroc le
  qualificatif de &nbsp;chef de bande&nbsp; (p.232), ce qui est abusivement
  pjoratif&nbsp;; que dire alors du comportement de Beppolne et dEbrachaire&nbsp;?</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Bourgs</font></b><font size="3">
  Andr-Yves  <i>Le Dossier Hagiographique de Saint Melar</i> (CIRDoMoC) et
  correspondance&nbsp;: reprise lgendaire de la mort de Macliau et de Jacob.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Davies</font></b><font size="3"> Wendy et
  autres  <i>Les Inscriptions de la Bretagne du Haut Moyen Age</i> (Celtic
  Studies Publication 2000), contient une tude du sarcophage de Lomarec.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Fleuriot L.</font></b><font size="3"> 
  Outre la traduction de Grgoire de Tours utilise (<i>Origines de la
  Bretagne</i>, Payot 1988, pages 239 et suivantes), Lon Fleuriot donne dans
  les <i>Annales de Bretagne</i>, fascicule 77-4, 1970, pages 629-653, en
  compagnie de Patrick Andr et Gildas Bernier, une interprtation de linscription
  du sarcophage de Lomarec.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Flobert</font></b><font size="3"> Pierre 
  <i>La Vie Ancienne de Saint Samson de Dol</i> (CNRS ditions 1997), pour le
  conflit Judual/Conomor.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Grgoire de Tours</font></b><font size="3">
   Les extraits de la volumineuse <i>Historia Francorum</i> cits sont
  repris des <i>Origines de la Bretagne</i> de Lon Fleuriot.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Guigon </font></b><font size="3">Philippe
   <i>Les Spultures du Haut Moyen Age de Bretagne</i> (Institut Culturel de
  Bretagne). Page 77&nbsp;: sarcophage de Lomarec en Crach.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Kerboul-Vilhon </font></b><font size="3">Christiane
   Traduction du <i>De Excidio Britanniae</i> de St Gildas (d. du Pontig
  1996), un des rares textes remontant au VI<sup>me</sup> sicle, exprimant
  les rivalits violentes entre rois celtiques.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Lozachmeur </font></b><font size="3">Jean-Claude
  <b> </b><i>Interprtation des Mythes Celtiques</i><b>, </b>dans<b> </b><i>Mlanges
   la mmoire de Lon Fleuriot</i><b> </b>(PUR/SKOL 1992), au sujet du
  pome sur Waroc.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Matre L</font></b><font size="3">. et de
  Berthou P.  <i>Cartulaire de Quimperl</i> (d. Philon et
  Champion)&nbsp;: on y lit les vies de S<sup>t</sup> Gunthiern et de S<sup>te</sup>
  Ninnoc qui ont rencontr Waroc.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Morvannou</font></b><font size="3"> Fanch
   <i>Saint Gunal</i> (CRBC 1997)&nbsp;: les excellentes relations de
  Waroc et Gunal sont rapports dans lhagiographie ancienne.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Paulet D.  </font></b><font size="3"><i>Waroc,
  biographie vraisemblable dun authentique roi breton</i><b> (</b>d. du
  Petit Vhicule, Nantes 2002<b>)&nbsp;</b>: en 70 pages, premier rcit imag
  de la vie de Waroc, vitant les renvois aux sources pour la facilit de
  lecture.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY"><font size="3">Vallerie </font></b><font size="3">Erwan<b>
   </b><i>Communes Bretonnes et Paroisses dArmorique</i><b> </b>(d.
  Beltan 1986), page 87&nbsp;: paroisse gallo-romaine de Glnac.</font></p>
  <b>
  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>
  </b>
        <p>&nbsp;</td>
    </tr>
  </table>
  </center>
</div>
<blockquote>
  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>
  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>
  <p ALIGN="RIGHT">&nbsp;</p>
</blockquote>

</body>

</html>